Togo: toutes les écoles fermées après la mort d’un élève lors d’une manifestation

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Togo: toutes les écoles fermées

après la mort d’un élève lors d’une manifestation

Créé le 16-04-2013 à 03h00 - Mis à jour à 03h00

LOME, 15 avr 2013 (AFP) – Un élève de 12 ans a été tué par balle lundi dans le nord du Togo par un gendarme lors d’une manifestation qui a dégénéré, alors qu’un vaste mouvement de contestation a poussé le gouvernement togolais à décider dans la soirée de la fermeture “temporaire” de tous les établissements scolaires du pays.

“Un élève de la classe de 6e a été tué par balle lors des tirs de sommation d’un gendarme au moment où des élèves saccageaient la mairie et le commissariat” de Dapaong (nord), suite à une manifestation en soutien à une grève des enseignants du service public, a indiqué le ministre togolais de la Sécurité, le colonel Damehane Yark, précisant que la victime était âgée de 12 ans.

Selon M. Yark, “dans une autre localité du Nord, le ministre de l’Eau Bissoune Nabagou a été agressé et blessé au front par des élèves” au cours d’une autre manifestation qui a dégénéré.

Par ailleurs, “un élément des forces de défense a été grièvement blessé à tête et évacué d’urgence à Lomé”, lors d’une autre manifestation, selon le gouvernement.

La mobilisation des élèves togolais, qui ont aussi défilé par milliers dans les rues de Lomé jeudi et vendredi, fait suite à une grève de trois jours des fonctionnaires de l’Éducation et de la Santé, la semaine dernière, pour exiger notamment une hausse de 100% des salaires.

Selon le gouvernement, la fermeture des établissements scolaires a été en raison des “manifestations de rues des élèves des écoles primaires et secondaires dans plusieurs localités du pays.”

“Ces mouvements accompagnés dans certaines villes de violences, d’actes de vandalisme et parfois des heurts avec des forces de sécurité ont occasionné de graves conséquences notamment un mort, des blessés dans les rangs des forces de sécurité et parmi les manifestants, ainsi que des destructions de biens publics et privés”, indique le communiqué du gouvernement.

La fédération Synergie des travailleurs du Togo (STT), qui regroupe tous les syndicats du secteur public, regroupé, a décidé lundi de cesser la grève mardi et mercredi, afin de négocier une sortie de crise avec le gouvernement, mais elle menace d’en lancer une autre si les autorités ne réagissent pas.

De nombreuses manifestations de l’opposition togolaise, réunie au sein du collectif “Sauvons Le Togo”, ont été organisées ces derniers mois, dont certaines ont été dispersées au gaz lacrymogène, dans les rues de la capitale togolaise. Les manifestants réclament notamment des réformes électorales et le départ du président.

La crise économique et le déclin de la production de coton, ainsi que la stagnation de l’industrie du phosphate ont accru la grogne populaire dans ce pays ouest-africain de six millions d’habitants.

Le Togo a été dirigé d’une main de fer par le général Gnassingbé Eyadéma de 1967 à sa mort en 2005. Porté au pouvoir par l’armée, son fils Faure Gnassingbé lui a succédé en 2005. Il a remporté en 2005 puis 2010 l’élection présidentielle dont les résultats ont été contestés par l’opposition.

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