TOGO : Jean-Pierre Fabre: « J’appelle à l’action et à la résistance »

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TOGO – LOME LE 14 OCTOBRE 2012 © koaci.com -

Malgré la forte mobilisation de la jeunesse loméenne, qui s’est déplacée du côté du Stade de Kégué pour soutenir les Eperviers qui affrontent les Panthères du Gabon, ils étaient quelques milliers à avoir fait le déplacement de la « Plage du changement » pour célébrer l’an deux, de la naissance de l’ANC.

Ce dimanche consacrait l’apothéose des activités entrant dans le cadre de la célébration du deuxième anniversaire de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC). Après une messe en l’église Méthodiste Salem de Hanoukopé, suivie d’une parade dans les rues de Lomé, la marrée s’est déversée aux alentours de 13H40 à la « Plage du changement » totalement parée uniquement à la couleur orange et au logo du parti de Jean-Pierre Fabre.

La veille, pour éviter qu’une confrontation sanglante entre les militants du parti et les forces de sécurité, ne viennent à gaspiller les célébrations, l’ANC a choisi de renoncer à sa marche prévue pour démarrer à Adéwui. Un point de départ rejeté par le Ministre de la sécurité, qui soutient qu’on doit attendre la fin d’une enquête ouverte suite à des violences perpétrées par les miliciens le 15 septembre 2012, par des miliciens sur les militants de l’opposition. Les éléments des forces de sécurité avaient eu un comportement complaisant vis-à-vis des miliciens favorables au pouvoir de Faure Gnassingbé.

Après une séance de prière suivie de l’exécution de l’hymne national, le président de l’ANC, a pris la parole. Bref aperçu du parcours du parti fait de la détermination affichée par ses militants face aux manœuvres et autres violences du pouvoir pour les décourager, puis Jean-Pierre Fabre a abordé l’actualité politique. A l’adresse des alliés du parti dont certains des leaders étaient présents à la cérémonie, le président de l’ANC a lancé un vibrant appel. « J’appelle à l’action et à la résistance », a-t-il dit.

Relevant la mauvaise foi du pouvoir qui se traduit par le refus de la mise en œuvre des conclusions de nombreux dialogues tenus par le passé, le président de l’ANC a affirmé qu’ « il y aura plus de ce dialogue ». Jean-Pierre Fabre conditionne cependant la tenue de toutes élections prochaines à la tenue d’un vrai dialogue, en vue de la mise en application des réformes constitutionnelles et institutionnelles. « Sans un accord devant déboucher sur des élections transparentes et crédibles, il y aura pas d’élections », a-t-il déclaré.
Mais a-t-il souligné, le dialogue doit être précédé par la mise en œuvre des préalables soumis par le Collectif « Sauvons le Togo » au Gouvernement. Au nombre de ces préalables figurent en bonne place, le retour à l’Assemblée nationale des 9 députés illégalement exclus, la mise en œuvre des recommandations de la CNDH sur la torture et celles de la CVJR dans le cadre du processus vérité, justice, réconciliation. « Il ne saurait avoir d’élections sans les réformes constitutionnelles et institutionnelles », a-t-il insisté. Pour Jean-Pierre Fabre, la mise en œuvre des préalables créerait un climat d’apaisement indispensable à la tenue d’un dialogue fructueux.

Pour finir, Jean-Pierre Fabre a exhorté la communauté internationale à ne plus accompagner le pouvoir de Lomé, dans sa stratégie de fuite en avant. « J’invite la communauté internationale à prêter une attention particulière aux aspirations du peuple togolais » a-t-il dit. Tout passage en force électoral du pouvoir dans le cadre des législatives qui devraient se tenir dans le délai constitutionnel au plus tard le 10 novembre 2012, déboucherait sur une situation de contestations généralisées jusqu’à la présidentielle de 2015, dont l’issue pourrait alors se solder par des violences à l’instar de celle de 2005, qui selon les rapports ont fait entre 500 et 1 500 victimes.

Aghu

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