TOGO : ATTENTION !!! LES COLLABOS SONT ENCORE À L’AFFÛT !

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« Prétendre être à la fois opposant à une féroce dictature, et conseiller de l’indécrottable dictateur,

c’est, le moins qu’on puisse dire, essayer de faire croire à une étrange bizarrerie »

 

                          Godwin Tété

         

 

          Un jour, mon feu frère-aîné Maté Abraham Tété-Adjalogo me fit noter la pointe d’ironie-ci : « Godwin, tu sais, un succulent mets se mange toujours deux fois ». C’est là, en effet, un dicton éwé-mina. Mais, ce que cet aphorisme ancestral n’explicite pas, c’est que le succulent mets, mangé une deuxième fois devient déjà pour le « mangeur », de facto, comme une drogue : l’intéressé y prend goût ; il ne peut plus s’en passer… À moins qu’on l’aide…, d’une manière ou d’une autre, à s’en débarrasser.

          Passons maintenant de cette quasi fiction à la réalité tangible. Partons de la révolte de la jeunesse et du peuple loméens en date du 05 octobre 1990, qui aura marqué, ainsi que d’une pierre blanche, une ligne de démarcation entre un avant et un après dans l’histoire contemporaine de notre pays le Togo.

          Oui ! Depuis cette fatidique date, nous observons, régulièrement, ceci : Chaque fois que le combat de notre Peuple atteint un point critique ; chaque fois que, grâce à ce combat, l’oligarchie gnassingbéenne vacille, se retrouve à bout de souffle, aux abois, tel un noyé qui tente de s’accrocher à un brin de paille, une certaine classe éminemment minoritaire d’opportunistes collabos lui a toujours offert un radeau de sauvetage ou l’a hélitreuillée. À la vérité, chaque fois que le régime RPTiste s’est trouvé mourant, des « lettrés » véreux, collabos, ont toujours volé à son chevet pour le ramener à la vie. Moyennant récompenses ! Naturellement !

          Alors, il y a à parier, cette fois-ci, suite à la démission… du gouvernement Gilbert Fossoun Houngbo, qu’il y a encore des éléments de cet acabit qui se tapissent dans l’ombre, à l’affût, prêts à servir encore de faire-valoir pour « sauver » la baraque gnassingbéenne qui n’a que trop freiné la marche du Peuple togolais vers un avenir meilleur.

          Il convient donc de mettre sérieusement ce Peuple en garde. Ce Peuple se doit de dire à ces perfides et invétérés collabos, une bonne fois pour toutes : « Halte-là ! »

          À cet égard, et s’agissant de « dialogue inclusif », le professeur afro-américain Gene Sharp nous enseigne :

          « Les démocrates doivent se méfier des pièges qui peuvent leur être tendus par les dictateurs au cours du processus de négociation. L’ouverture de négociations alors que des questions fondamentales de libertés civiles sont en jeu peut n’être qu’une ruse du dictateur visant à obtenir la paix ou la soumission des opposants alors que la violence de la dictature se perpétue. Dans ce type de conflit, la seule négociation envisageable est celle qui se tient à la fin d’une lutte décisive, lorsque le dictateur est aux abois et qu’il cherche un couloir de sécurité pour se rendre à un aéroport international. »[1]

          Quant à des élections  à être organisées par des dictateurs, le même universitaire noir professe magistralement :

          « Des dictateurs sous pression peuvent parfois accepter de nouvelles élections, mais en les truquant pour mettre en place leurs marionnettes civiles au gouvernement. Si des candidats de l’opposition ont eu le droit de se présenter et furent réellement élus, comme en Birmanie en 1990 et au Nigeria en 1993, les résultats furent simplement ignorés et les « vainqueurs » soumis à l’intimidation, arrêtés ou même exécutés. Les dictateurs ne vont pas se permettre d’organiser des élections qui pourraient les chasser de leur trône. »[2]

          Il est exact que nos collabos alimentairo-ambitieux, pour se donner bonne conscience, espèrent pouvoir se dédouaner en traitant de « radicaux », de « rigides », d’ « extrémistes », etc., les combattants de la liberté qui refusent, de propos délibéré, de s’adonner à une compromission éhontée. Mais le Peuple togolais doit savoir que ce sont de ces mêmes qualificatifs-là que les colonialistes affublaient nos authentiques indépendantistes qui finirent par proclamer solennellement notre Ablodé le 27 avril 1960… On allait jusqu’à les faire passer pour des « communistes », ce qui, de nos jours, correspondrait à peu près à « terroristes ».

          À bon entendeur, salut !!!

Paris, le 18 juillet 2012

Godwin Tété


[1]     Cf. Gene Sharp, De la dictature à la démocratie : Un cadre conceptuel pour la libération. Ed. L’Harmattan, Paris, 2009, p. 34.

[2]     Idem, p. 27.

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