L’Ufc ne peut se prévaloir que de ses propres turpitudes

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L’Ufc ne peut se prévaloir que de ses propres turpitudes

  En concluant son deal avec le Rpt au lendemain de la présidentielle de 2010, l’Ufc avait fait croire aux Togolais qu’elle était préoccupée par les réformes constitutionnelles et institutionnelles à opérer et prétendait en faire son cheval de bataille. Les deux parties  s’étaient même donné un délai de six mois pour faire les réformes. Mais contre toute attente, l’Ufc était le parti qui s’était catégoriquement et de toutes ses tripes opposé aux réformes censées garantir la transparence et l’équité des législatives. Conséquence, des consultations électorales avec un découpage électoral inique, un mode de scrutin biaisé et une CENI bancale composée à 95% des experts en élections truquées tous issus du parti au pouvoir.

            Paradoxalement, les responsables de l’Ufc qui ont rejeté toute réforme, sont ceux qui semblent se plaindre du découpage électoral en se perdant en conjectures et dans des calculs confus et embrouillés. « L’Ufc seule a rassemblé à ces élections 151.823 voix, alors que les regroupements de partis politiques comme le CST a eu environ 500.000 voix, idem pour la Coalition Arc-en-ciel avec environ 200.000 voix. Notre parti ne démérite pas » déclare avec amertume le sulfureux président de la jeunesse de l’Ufc Jean-Luc Homawoo. Il aurait pu continuer son raisonnement en démontrant que le Rpt/Unir qui s’est offert la majorité absolue au parlement avec 62 sièges n’avait eu que quelques 800.000 voix, mais il a de manière cynique occulté le cas de leur allié. Le suffrage obtenu par tous les concurrents réunis dépasse largement celui du Rpt/Unir mais ils n’ont obtenu qu’un tiers des sièges au parlement.

            Le ton est également amer chez le diplômé de la Fondation Konrad Adenauer, Djimon Oré. « Par rapport aux 91 sièges, l’Ufc n’a que trois députés. Ce n’est pas grave. Une partie du peuple nous a compris » déplore-t-il. Ils ne peuvent que s’en prendre à eux-mêmes pour s’être opposés à l’idée que les élections soient organisées avec un minimum de conditions de transparence. Ils l’ont payé cher.

Liberté N° 1522 du mardi 27 août 2013

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