Le Togo toujours dans une crise sans issue

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COMMUNIQUE DU GRAD

LE TOGO TOUJOURS DANS UNE CRISE SANS ISSUE

 

La crise togolaise est encore loin de l’issue heureuse escomptée. Les espoirs suscités par l’Accord politique global (APG) du 20 Août 2006, malgré ses insuffisances, relevées à l’époque par le Groupe de Réflexion et d’Action pour le Dialogue, la Démocratie et le Développement (GRAD), apparaissent déçus. Les réformes constitutionnelles et institutionnelles prévues n’ont pas été réalisées. La crise togolaise est encore loin de l’issue heureuse escomptée

La population vit mal cet enlisement de la crise. Elle tient à le faire savoir à travers des mouvements de revendication et des manifestations pacifiques publiques en vue de la reprise du processus démocratique et de l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, des jeunes et des citoyens dans leur ensemble. En exprimant ainsi son ras-le-bol, la population essaie d’attirer l’attention de tous les citoyens et de la Communauté internationale sur le blocage déplorable de l’évolution de la vie politique et socioéconomique du pays.

  1. 1. Sur les revendications d’ordre politique

Les revendications du Front Républicain et d’Action pour le Changement (FRAC) portent sur les résultats de l’élection présidentielle de mars 2010, contestés par cette coalition de partis. La principale réponse des gouvernants est la répression des manifestations pacifiques publiques  organisées chaque semaine. De plus le leader de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) est victime d’un harcèlement intolérable de la part des forces de sécurité.

De même, des manifestations organisées contre un projet de loi sur les conditions d’exercice de la liberté de réunion et de manifestation pacifiques publiques ont été sévèrement réprimées.

  • Le GRAD dénonce avec vigueur cette méthode répressive excessive, qui est en contradiction avec les discours lénifiants des gouvernants sur la nécessité de réconcilier les Togolaises et les Togolais, ainsi que les principaux acteurs de la classe politique. Le GRAD se demande quel bilan réel pourra présenter, dans ces conditions, la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), l’institution officielle chargée de cette délicate mission de réconciliation, après plusieurs mois d’activité sur le terrain.

  1. 2. Sur les revendications d’ordre socioéconomique

Des mouvements sociaux conduits respectivement par les personnels des hôpitaux du Togo, les étudiants de l’Université de Lomé, et la population ont relayé ceux des partis politiques pour exiger de meilleures conditions de travail et d’existence.

  • Le GRAD comprend et soutient fermement toutes ces revendications sociales déterminées par la cherté de la vie, l’augmentation constante des prix des produits pétroliers et la dégradation générale des conditions de vie dans la cité.
  • Le GRAD déplore cette situation socioéconomique précaire dénoncée par les personnels des hôpitaux, mais qui est en réalité le lot de tous les travailleurs du pays, des étudiants et de la jeunesse, comme de la population tout entière. Il estime, cela, d’autant plus préoccupant que cette baisse constante du pouvoir d’achat de la population contraste de façon insolente avec le train de vie excessif des gouvernants.

  • Le GRAD attire l’attention des gouvernants sur le fait que l’organisation anarchique des grands travaux de réparation des rues dans la ville de Lomé accroît les embarras de circulation, sources de stress et d’hypertension artérielle, contribuant gravement à la détérioration de la santé de la population.
  • Le GRAD constate, enfin, avec surprise et avec beaucoup d’amertume, que le problème des inondations, malgré son caractère récurrent, saisonnier et prévisible, n’a pas encore fait l’objet d’un programme d’actions cohérentes permettant de le juguler de façon convaincante et rassurante pour les populations touchées. Et pourtant, le mal est connu depuis bien longtemps. Le GRAD se souvient en particulier des inondations de 2008 qui avaient soulevé tant d’indignation, et mobilisé tant de générosité et de solidarité à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Comment comprendre que des inondations continuent toujours de provoquer d’immenses perturbations et souffrances au niveau des populations des mêmes zones naguère sinistrées ?
  • Le GRAD observe, enfin, avec beaucoup d’inquiétude, que des comportements propres à saper la confiance des protagonistes de la scène politique et de la population, perpétuant ainsi la crise, ne peuvent s’expliquer que par le défaut d’écoute, le refus de communiquer et celui de rendre régulièrement compte de la gestion des affaires du pays. Ils continuent, malheureusement, d’être privilégiés par les tenants du pouvoir au détriment d’une attitude susceptible de conduire à la paix sociale et à la réconciliation nationale.

Fait à Lomé le 29 juillet 2011

 

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