Le Togo s’achemine inexorablement encore vers des élections meurtrières

FacebookTwitterGoogle+

Le Togo s’achemine inexorablement encore vers des élections meurtrières

 

 (AfriSCOOP Lomé) — Malgré les mises en garde des Opposants, les cris du cœur des populations, les appels indirects et directs aussi bien dans les rangs de l’Opposition radicale comme ceux du parti au pouvoir à retourner à la table des discussions, le régime de Lomé s’entête de toute évidence à organiser des élections législatives sans aucun consensus autour de leurs contours.

Que les Togolais aiment se compliquer la vie !!! Au moment où même les dictatures les plus gauches du continent noir font des concessions lentes mais certaines à leurs Oppositions, le Togo est en train de s’enferrer à nouveau dans une dictature sordide (qui ne devrait que reporter aux calendes grecques le vrai développement espéré par les populations de ce petit Etat ouest-africain qui dispose pourtant d’énormes atouts naturels devant donner un grand coup de fouet à une croissance soutenue de son économie).

Unir (au pouvoir) se sent pousser des ailes après les déclarations de l’Ufc (formation de Gil Olympio) qui a dit ces dernières semaines que les réformes constitutionnelles réclamées à cor et à cri par l’Opposition radicale (conformément aux recommandations de l’Accord politique global d’août 2006) avant les législatives peuvent être mises en application après la mise en place d’un nouveau Parlement. Chose curieuse et contradictoire, la même Ufc avait confié ces dernières semaines aux autorités françaises que les délais sont trop courts pour organiser de bonnes élections législatives avant la fin de l’année 2012…

Où mène la méchanceté politique, Togolais ?

Sur Tvt (Télévision nationale) ce 22 octobre, pendant une heure d’horloge, Solitoki Esso, ancien Secrétaire général du défunt Rpt, ministre et proche de Faure Gnassingbé, a justifié la prochaine prestation de serment (ce 24 octobre) des membres (15 sur 17) élus de la Ceni (Commission électorale) par le Parlement.

En gros, cet ancien ministre de la Communication a fustigé les bouderies affichées par l’Opposition radicale au pouvoir de Lomé (lors du dernier dialogue express et de la recomposition de la Ceni), en indiquant indirectement qu’en dépit des protestations ici et là, le train de la machine électorale doit quitter la gare, à cause des délais constitutionnels qui commandent de mettre en place de nouvelles institutions.

Ce genre de discours qui ne surprend pas les observateurs avisés des luttes politiques au Togo aura certainement le mérite de raviver, dans les prochaines heures, la tension entre les partisans des deux bords (Opposition-pouvoir) ! La sortie du ministre Esso conforte surtout dans leurs têtes, tous ceux qui pensent qu’il va falloir s’attendre au pire si le pouvoir de Lomé persiste dans sa logique d’organisation unilatérale des joutes parlementaires. Allusion à peine voilée à l’empêchement physique (et violent si les conditions l’exigent) que les partisans de l’Opposition togolaise comptent dresser sur la route menant à de nouvelles élections bâclées en terre togolaise.

Le slogan « Pas de bonnes élections, plus d’élections au Togo » devrait donc être ressorti. Après les accalmies électorales de 2007 et 2010, tous les ingrédients sont une nouvelle fois rassemblés pour que la cocotte-minute électorale du Togo explose ! Avec le risque d’impacter durablement l’économie de cet Etat ouest-africain qui continue à se remettre timidement de la mal gouvernance chronique sur plusieurs décennies. Chose curieuse, comme en avril 2005 quand le Monde entier « avait pris acte » en tout et pour tout de l’élection dans un bain de sang de Faure Gnassingbé, la communauté internationale est pour l’heure aphone devant l’unilatéralisme du pouvoir togolais. En attendant de décompter les morts des deux sexes en République togolaise. Que de gâchis.

Un commentaire de Francis AMOUZOU — La Rédaction © AfriSCOOP à Lomé

Autres articles pouvant également vous intéresser: