Faure Gnassingbé tourne le dos aux réformes mais appelle à des élections sereines et transparentes

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Hyprocrisie révoltante au sommet de l’Etat face aux échéances électorales

Faure Gnassingbé tourne le dos aux réformes

mais appelle à des élections sereines et transparentes

 

Le chef de l’Etat togolais ayant pris l’habitude de s’adresser seulement deux fois par an à ces concitoyens, il était très attendu le 26 avril dernier, la veille de la célébration du 53ème anniversaire de l’indépendance du Togo. Effectivement, pour une première fois depuis le début de l’année 2013, et ce malgré  les nombreux évènements malheureux qui ont secoué le Togo, Faure Gnassingbé s’est adressé à la nation. Un discours de 25 minutes qualifié dans les milieux politiques de « verbiage creux, de propos déconnectés des réalités togolaises ».

Que ce soit sur la question des incendies des marchés, de la grogne sociale ou encore des élections législatives en vue, Faure Gnassingbé n’a pas comblé les attentes des Togolais. Son approche surtout de la question des élections a montré à plus d’un que c’est bien lui qui est le chef d’orchestre de la mascarade électorale en préparation actuellement au Togo.

De l’avis de plusieurs observateurs, il est curieux qu’en ce moment précis où toute l’opposition réunie au sein des deux regroupements que sont le Collectif « Sauvons le Togo (CST) » et la Coalition « Arc-en-ciel », appelle au dialogue avant toutes élections et multiplie les contacts diplomatiques à travers le monde pour qu’il en soit ainsi, le chef de l’Etat puisse continuer sa fuite en avant. « Comme  chacun le sait, les élections législatives approchent à grands pas. Les retards que nous avons accusés sur le calendrier initial, n’ont en rien entamé notre détermination à aller jusqu’au bout de nos efforts, pour que notre pays se dote à brève échéance d’une nouvelle Assemblée nationale. Je me félicite à cet égard du bon déroulement des opérations de recensement, sur toute l’étendue du territoire national. L’esprit civique, le sens des responsabilités dont vous avez fait preuve doivent ainsi continuer à guider nos pas, durant les prochaines étapes qui nous conduiront aux élections législatives. Ces élections sont l’occasion de confirmer la maturité politique du peuple togolais. Les innovations et les divers réaménagements apportés au cadre électoral, sont, j’en suis convaincu, de nature à garantir une compétition sereine, ouverte et transparente pour peu que chacun y mette un peu de bonne volonté », a déclaré Faure Gnassingbé dans son discours du 26 avril au moment où ces adversaires politiques clament haut et fort que le réaménagement du cadre électoral, les réformes institutionnelles et constitutionnelles doivent être faits de manière consensuelle.

De quelle bonne volonté parle alors le chef de l’Etat quand il refuse le simple dialogue avec l’opposition et cherche à définir seul les conditions d’organisation des législatives ? Et quand il déclare que : « mon vœu le plus cher, est que tous les courants politiques puissent s’exprimer à l’occasion de ce scrutin. La démocratie et l’Etat de droit nous imposent une conduite exemplaire du processus électoral. Je vous exhorte donc à vous mobiliser individuellement et collectivement pour son heureux aboutissement »,  il donne raison à ceux qui qualifient son message de discours hypocrite. En même temps qu’il refuse de créer les conditions devant permettre à ces adversaires politiques de s’exprimer à l’occasion de ce scrutin, il fait croire que son « vœu le plus cher » est de les voir participer à cette compétition. Veut-il  faire croire aux Togolais qu’il n’est pas informé que l’opposition dit « qu’elle ne participera pas à une quelconque élection organisée dans la précipitation et sans un dialogue sérieux »?

Au total, la sortie du président de la république le soir du 26 avril confirme à suffisance que le pouvoir n’est plus disposé à aucun dialogue et veut organiser des législatives à sa guise. Ce n’est pas donc pour rien que Gilbert Bawara déclarait il ya peu que le Togo dispose les moyens de financer ces propres élections. L’opposition est avertie.

 

Warren W.

Le Correcteur N° 431 du jeudi 02 mai 2013

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