Cacophonie et incompétence au ‘’Palais de la Marina’’ UNIR, un parti bâtard en quête de régularisation

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Cacophonie et incompétence au ‘’Palais de la Marina’’ UNIR, un parti bâtard en quête de régularisation

La loi de la nature veut que, plus on est instruit, plus on soit ouvert et plus on pose des actes en adéquation avec le contexte, les besoins exprimés et le bon sens. Mais, Nous ne croyions pas si bien dire quand, dans la précédente édition, nos colonnes  déploraient les actes mouillés de notre bien aimé président  Faure Gnassingbé Essozimna du fait que notre pays se mue tous les jours en un territoire où l’illégalité, l’approximation et le tâtonnement soient entretenus au plus haut sommet. Ce n’était pas, en effet, le fruit d’un hasard quand, nous désignions UNIR, Union pour la République de Faure Gnassingbé, par   un « miracle mort-né ». Pourtant annoncé comme une éminence grise pour parer aux carences d’un père qu’on disait illettré, alors qu’il n’a pas fini de se revendiquer de grandes universités du pays de l’oncle Sam, Faure Gnassingbé titube, mélange les pédales et fait pourrir la vie à la République. Du côté de la justice, c’est en toute violation de l’éthique que l’homme s’invite au prétoire dans des procès signalés qui deviennent de plus en plus fréquents. Ceci fait de notre justice un instrument aux ordres de l’exécutif et donc un éléphant blanc vis-à-vis des reformes onéreuses. Soucieux de s’arcbouter bec et ongle à un pouvoir fané, il invente et entretient des scénarii qui font de l’actuel parlement une institution frappée d’illégalité. Les décrets de nomination et autres actes que pose l’héritier national restent le plus souvent discutables du point de vue administratif. Mais le plus grand scandale de l’heure est que monsieur le président s’avoue incapable de créer un parti légalement constitué pour lui permettre de conserver son trône auquel il tient
tant.

Il se révèle, en effet que, « Unir est une formation politique illégale ». Ce ne sont pas des propos d’un détracteur amusé qui tire sur tous les actes de l’adversaire moins encore d’un journaliste à gage. C’est bel et bien ce qu’a déclaré, et à raison,  un militant d’une formation politique qui se trouve être victime d’une usurpation de nom de la part de Faure Gnassingbé et ses argousins qui revendiquent le titre foncier du Togo. Comment peut-on comprendre qu’un chef d’Etat, pour se refaire du nouveau sang afin de conserver un pouvoir ‘’héréditaire’’, n’a  trouvé mieux que le nom d’un parti politique déjà existant depuis 15 ans pour sa formation politique?

Comment un monsieur qui n’est pas suffisamment éclairé pour trouver une base juridique légale à sa formation politique peut-il trouver un remède pour sortir tout un pays de l’ornière ? Et pourtant, ce parti politique,  pour lequel on est prêt à faire tourner tout le pays au ralenti, est devenu, depuis un temps, le nombril de la Nation. Une entité  politique du nom de  UPR (Union pour la République) existait depuis 1997. Il est l’œuvre d’un universitaire du nom de Jean Sapa. Celui-ci a déjà tiré sa révérence, mais il a créé sa formation  avec un groupe d’individus qui crient présentement haro sur les responsables de UNIR (Union Pour la République) désormais pris en flagrant délit d’usurpation de nom en toute violation des textes en vigueur. Devant les dégâts, le ministre Gilbert Bawara  est présentement en conciliabules avec les responsables de UPR pour obtenir, la dissolution de leur parti en vue de la régularisation du nouveau parti politique de Faure Gnassingbé. Sans nul doute, comme àleurs habitudes, l’argent va parler pour prostituer UPR au profit de UNIR. Mais dans un pays normal, cette situation est un scandale qui va soulever des vagues  car elle crée d’’énormes préjudices que Faure et sa bande ne finiront pas de si tôt à payer aux propriétaires de UPR. Cette situation constitue également une tache noire sur la capacité des autorités à diriger ce pays avec un sérieux, quand on sait qu’avec tout l’appareil de l’Etat qu’elles ont détourné à leurs fins, elles n’ont pas été en mesure de créer une formation politique légalement constituée.

Comment en est-on arrivé là ?

La crise de confiance avec l’entourage, la gestion copinale du pays avec des individus limités, l’hypocrisie et la méconnaissance des textes qu’on s’est doté. D’après nos informations, l’UNIR de Faure Gnassingbé a été créée dans les secrets des dieux. Seul le cercle fermé en avait connaissance. C’est aussi dans le même cercle  que les maquettes des gadgets de campagne et autres instruments de propagande à l’effigie du fameux UNIR sont confectionnés en Chine et dans d’autres pays. Pendant ce temps, Faure ameutait  qui voulait l’écouter de l’imminence de la naissance d’un parti politique dont il demandait aux supposés hommes de confiance de proposer un nom. Tout ce que les uns et les autres proposeront sera mis à côté, le parti ayant déjà son nom et son emblème, les outils pour sa publicité arrivent en conteneurs. Au gré des humeurs et des réactions, l’emblème seramodifié plusieurs fois avec une colombe qui regarde tantôt à gauche, tantôt à droite ;  une colombe tantôt assise, tantôt debout, une colombe tantôt en train d’atterrir tantôt en envole. Certains confrères ont même été victimes de cette situation où on leur a fait faire des publicités sans être payés juste parce  qu’ils n’ont pas su à temps que la colombe a changé de direction.  En attendant que les parrains d’UNIR trouvent un logo définitif, les publicités sont arrêtées. Nous souhaitons que la situation se décante très vite,  surtout avec cette régularisation du parti, afin que les publicités apportent un plus aux rédactions de certains confrères.  C’est ça notre pays, alors que ce sont ces autorités qui font et défont les textes, qui sont partout dans les instances dirigeantes du pays, qui ont tous les moyens de l’Etat pour poser des actes consistants. Il est triste de se rendre compte que toute une équipe dirigeante soit incapable de maîtriser les B-a Ba de la création d’un parti politique légalement constitué. Un chef d’Etat qui verse des milliards dans la création et le lancement d’un parti dont il ne pourra jamais tenir le congrès parce que le parti souffre d’une infirmité congénitale. Un observateur avisé de la vie politique au Togo peut se permettre de dire que, « même en politique, les actes que nous posons sont souvent à l’image de ce que nous sommes ». Il se dit que Faure n’initie rien par lui-même et qu’il est plutôt habile à achever ce que les autres ont commencé.

Il vient de créer un parti bâtard qu’il tente présentement de régulariser. On peut une fois en passant trébucher, mais quand des incohérences s’invitent à chaque moment au sommet d’une République, il y a danger dans la cité. Le récent passé vous rappelle le procès ReDéMaRe où l’Etat n’a  pas été capable d’utiliser à son avantage les textes qu’il s’est donnés pour faire fonctionner la justice. Depuis l’avènement de Faure, d’une part,  l’Etat a toujours, soit perdu les procès  dans la plupart  des dossiers qui lui ont opposés aux individus (affaire Etat togolais-ReDéMaRe, affaire Etat togolais-propriétaires de la zone portuaire, affaire des commerçantes spoliés par les services de l’Etat, affaire Etat togolais-groupe Hydro Eliyo qui menace présentement de mettre la main sur les avoirs du Togo dans la privatisation de la CEET) ; soit brillé par l’intervention de l’exécutif au prétoire au point où le Togo se retrouve être un des pays les plus poursuivis devant la cour de justice  de la CEDEAO  (affaire Kpatcha, affaire députés ANC, pour se limiter à ces quelques cas). Tout récemment, devant la cour de justice de la CEDEAO, pendant que les avocats du Togo dans le ‘’Kpatchagate’’ s’évertuaient à défendre l’indéfendable en reconnaissant tout de même des traitements inhumains et dégradants sur les victimes tout en niant l’existence de la torture. La présidente Awa Nana est sortie de sa réserve en ces termes : « tous ces traitements  s’appellent comment ? Facilitez-nous la tâche. Tous ce tas de dossier que vous voyez, c’est contre votre client », c’est-à-dire, l’Etat togolais. D’après notre confrère en ligne koaci.com, « c’est fondamentalement cette histoire de l’UPR qui empêche la tenue du congrès de UNIR ».

ABI-ALFA

Le Rendez-vous N° 180 du 16 novembre 2012 abialfa@gmail.com

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