La mobilisation dans la zone 2 bouleverse le plan frauduleux de la coalition UNIR / UFC

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La mobilisation dans la zone 2 bouleverse

le plan frauduleux de la coalition UNIR / UFC

 

Face à la contestation générale du déroulement du recensement de la Zone 2, Madame « Affabulations » qui a opté pour la fuite en avant a dû   accepter de proroger de seulement 7 jours,  les opérations du recensement débuté le 12 avril dernier dans la zone II, une zone allant de Lomé commune à la préfecture de Wawa. La principale raison avancée par les membres de ces deux structures pour expliquer ce report (la grande affluence) est la preuve que tout a avait été mi en œuvre en amont pour écarter une frange importante d’électeurs. En invoquant la  «grande affluence » , le gouvernement UNIR-UFC avoue  à mots couverts que son plan de démobilisation d’une catégorie d’électeur est mis à nu.

Une estimation de la population électorale à partir des résultats du recensement Général de la population permet de prendre les dispositions qui s’imposent pour faire face à la situation. Si les organisateurs du recensement étaient conséquents avec eux-mêmes et s’ils n’étaient pas  animés d’intention inavouée, ils devraient  prévoir cette affluence et se donner les moyens de la contenir au lieu d’attendre que le phénomène se produise pour rechercher des palliatifs. En réalité ils avaient tout mis en œuvre pour que l’opposition boycotte ce recensement, en refusant d’opérer les réformes mais surtout en faisant arrêter des opposants suite à cette affaire des incendies. Il a été annoncé dans certaines localités dans la zone  1 que les sympathisants du CST n’iraient pas aux élections. Et donc tout a été mis en œuvre afin que seulement les sympathisants de l’UFC et UNIR aillent se faire enrôler. C’est en comptant sur le très peu d’affluence  souhaitée que des kits ont été insuffisamment déployés dans la Zone 2.

 Mais contre toute attente ceux qu’on pousse au boycott ont décidé d’appeler les populations à aller se faire recenser. Au cours du recensement on a continué à inciter au refus mais  le Collectif «SAUVONS LE TOGO»  et la Coalition ARC-EN-CIEL, appellent toujours les populations à continuer à sortir massivement pour se faire enrôler, à prendre patience jusqu’à l’obtention effective de leur carte d’électeur.

 Du coup, il y a eu plus d’électeurs  que prévus par le gouvernement UNIR-UFC. C’est ce qui justifie le fait que le  déroulement des opérations soit  émaillé de nombreux dysfonctionnements et irrégularités qui ne sont en fait que des tentatives de contournement:

- nombre insuffisant de kits par CRV par rapport à la densité de la population entraînant de longues files d’attentes ;

- non ouverture de plusieurs CRV des localités de la préfecture de l’Avé et de la préfecture de Zio ;

- kits défectueux et/ou générateurs, non fonctionnels les 3 trois premiers jours dans plusieurs CRV ;

- extrême lenteur dans l’opération d’enrôlement au niveau de plusieurs CRV où la délivrance de la carte est effectuée, en 45 mn voire plus d’une heure par personne ;

- émission de cartes d’électeur portant un lieu autre que celui du CRV d’enrôlement (Baguida au lieu d’Agoè, Aflao Sagbado au lieu de Notre Dame des Apôtres, etc.) ;

- enrôlement de populations du canton de Kovié (préfecture de Zio) dans celui du canton de Bagbé (préfecture de l’Avé) occasionnant des troubles à l’issue desquels les populations de Kovié ont ramassé sept (7) kits qui furent déposés au poste de gendarmerie de la localité;

- tentative d’enrôlement de personnes amenées d’ailleurs par bus, à l’école méthodiste d’Agbodrafo où les jeunes s’y sont fermement opposés et ont conduit les fraudeurs au poste de gendarmerie de la localité.

- Des groupes de gendarmes, de policiers, de militaires se font inscrire dans plusieurs CRV avec des identités différentes. Ces cartes d’électeur sont collectées par les responsables de ces groupes. Certains de ces cas ont été enregistrés sur bande magnétique, (Aflao-Sagbado, Lycée technique Adidogomè, Apédokoè, Agoè….).

- De rafles nocturnes de paisibles citoyens opérées par des gendarmes auxquels on établit des cartes d’électeur clandestines qu’on ne leur remet pas, (cas observé le vendredi 12 avril 2013 à 23 h 30 à Gbossimè près des rails.

            La  prétendue solution proposée par le ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales en vue de lutter contre le manque de kits dans certaines localités à savoir le redéploiement d’autres kits « dès que l’enrôlement sera achevé dans une ville » est illusoire car, au regard  de l’évolution «caméléonesque» de l’opération, même vingt (20) jours supplémentaires ne suffiraient pas à recenser tous les électeurs dans la zone 2. Cette stratégie  de gonflement et de dégonflement de listes a été depuis 1993 la stratégie du système toujours en place. Il s’agit de faire en sorte que  dans certaines préfectures, villages et quartiers où on vote pour l’opposition depuis le début du processus démocratique, et surtout à Lomé, on  enregistre le moins d’électeurs possible.

En 1998 cette disparité a été criarde surtout à Lomé. En 2005, les laborantins du pouvoir RPT ont reconduit cette stratégie. Les problèmes du ministre  Boko  ont commencé lorsqu’il a voulu y remédier en organisant des audiences foraines pour faire enrôler des milliers d’électeurs volontairement exclus.  Si donc le gouvernement rejette  l’exigence de l’audit de l’ensemble du recensement, par une institution indépendante compétente en matière électorale c’est qu’il craint que la fraude programmée ne soit démasquée.    Il est donc clair que la mobilisation est à la mesure de l’exaspération des populations. Si d’aventure tous les électeurs qui le veulent ne sont pas enrôlés à l’issue des sept jours, il y a de la révolte dans l’air. Dans cette situation l’UFC qui a décidé d’aider les tenants du pouvoir à réprimer ses anciens militants croyant tirer quelque bénéfice en sera victime.

A S

Le regard N° 834 du 19 avril 2013

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