Togo : Isabelle Améganvi, une femme d’exception à la tête du groupe parlementaire ANC-ADDI

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LETOGOLAIS.COM – 05/10/2013

Togo : Isabelle Améganvi, une femme d’exception à la tête du groupe parlementaire ANC-ADDI

Depuis septembre 2013, Maître Isabelle Manavi Améganvi assure la présidence du groupe parlementaire de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) et de l’Alliance des démocrates pour un développement intégral (ADDI) à la suite des élections législatives du 25 juillet 2013. Engagée dans la lutte pour la démocratie au Togo, cette femme porte-voix de la majorité silencieuse depuis les années 90, aura désormais la lourde responsabilité de porter au sein de l’instance législative du Togo, la flamme de tous ceux qui aspirent au bien-être social. Tout simplement ! 

Une femme de renom en Afrique contemporaine, une femme de conviction au Togo, cela n’est pas nouveau. Au Kenya, Wangari Maathai est honorée en 2004 par le plus prestigieux des Prix Nobel, celui de la Paix, pour son investissement exemplaire dans la défense de l’environnement. Au Liberia, première femme à la tête d’un Etat africain depuis son élection en novembre 2005, Ellen Johnson-Sirleaf poursuit inlassablement le rude combat de la reconstruction d’un pays ravagé par un quart de siècle de conflits sanglants. Leymah Gbowee, sa compatriote et colauréate 2011 du prix Nobel de la Paix n’a pas baissé les bras dans le combat qu’elle mène depuis 2002 pour la paix, pour la défense des droits des victimes de la guerre et contre la corruption qui gangrène son pays, la Liberia. Au Togo des femmes ont donné le fruit de leur travail et leurs vies à la fabuleuse histoire de « l’Ablodé » « Indépendance » et elles ont ainsi gravé leurs noms dans la mémoire nationale. Elles s’appellent : Lucia Bayi Kada, Conforte Wilson-Adjrevo, Pétronille Dopé Haden, et bien d’autres.

Isabelle Améganvi est de cette race ! Celle des combattantes de la liberté dont le monde a besoin pour transcender les clivages et transfigurer le quotidien. Elle n’a cessé de le prouver concrètement à travers les éminentes responsabilités assumées au sein des mouvements associatifs comme au sein des formations politiques. Avocate à la Cour de Lomé, elle défend les victimes des violences politiques et plus particulièrement celles des droits de l’Homme. A la tête des résistances citoyennes des femmes contre le système autocratique togolais, elle a été, notamment en 2012 comme en 2005, à l’initiative de grandes manifestations des femmes togolaises qui ont marqué les opinions publiques nationale et internationale.

Désormais à la tête du groupe parlementaire de l’opposition à l’Assemblée nationale, Isabelle Améganvi devra relever plusieurs défis. D’abord celui de porter la voix de la grande majorité des exclus de la société à la table de la représentation nationale chargée par la Constitution du pouvoir législatif aux côtés des pouvoirs exécutif et judiciaire.

Le second défi est lié à la fonction de contre-pouvoir qu’exerce le parlement dans un Etat de droit digne de ce nom, en lieu et place du rôle de parlement « godillot » ou de « députés à mains levées » auxquels l’Assemblée nationale togolaise n’a pas échappé au cours des précédentes législatures. Dans une assemblée composée d’un nombre très élevé de nouveaux-venus, Isabelle Améganvi devra faire preuve d’une grande ferveur pédagogique pour expliquer, négocier et convaincre du bien-fondé des réformes constitutionnelles et institutionnelles, et plus généralement du cadre légal. Ces réformes sont tant attendues pour changer le paysage politique, économique, culturel, social et pour permettre la renaissance d’un pays meurtri par tant d’années de mal-gouvernance.

En troisième position, le défi d’une éthique fondée sur le respect de la différence pour construire ensemble – majorité et minorité – un cadre démocratique sincèrement apaisé, condition préalable à la participation de tous aux tâches immenses d’édification d’une nation solidaire. La position minoritaire actuelle de l’opposition au sein de l’Assemblée nationale doit être supplée par une volonté acharnée de progresser par le dialogue patient et par la recherche résolue du consensus. En cela, Isabelle Améganvi a prouvé par le passé, dans la vraie vie, qu’elle sait être à l’écoute attentive. Comme elle sait aussi tirer parti de son capital de foi, d’empathie et de discernement chèrement constitué au cours de ces nombreuses années de luttes politique et sociale, ce qui n’enlève rien à sa combativité lorsqu’il s’agit de pourfendre l’injustice et la procrastination.

D’ores et déjà, le 18 septembre 2013, lors de la présentation du programme d’action du gouvernement devant les parlementaires, la présidente du groupe parlementaire ANC-ADDI a donné quelques orientations au Premier Ministre : « Le groupe ANC-ADDI voudrait vous tendre une perche salutaire, vous aider à imprimer une marque véritablement républicaine à la gouvernance politique, économique et sociale de note pays ».

La ligne est ainsi tracée : l’intérêt général, la sécurité, la protection des populations, l’amélioration des conditions de vie des populations, l’amélioration des conditions d’études et de travail des élèves, des étudiants, du corps enseignant, du corps médical ainsi que des fonctionnaires et des autres travailleurs, l’assainissement du climat politique, etc. Tels sont, entre autres, les axes d’actions prioritaires que la représentation nationale devrait concrètement impulser en portant une attention continue à leur traduction dans la réalité.

Certes, l’accueil fait par le Président de l’Assemblée nationale et par la majorité parlementaire à cette réponse au programme d’action du gouvernement, l’accaparement des fonctions au sein du bureau et à la tête des commissions de l’assemblée nationale sont autant de mauvais présages qui attestent encore une fois que les habitudes de la « maison » ont décidément et délibérément la vie dure.

Mais, Mesdames et Messieurs les députés de la 5e législature, les populations togolaises attendent…., des actes, des actes et encore des actes ! Elles vous attendent, maintenant !

Alors bonne route à la présidente du groupe parlementaire ANC-ADDI.

Par Olivier Bocco
Linguiste politologue
Vendredi, 5 octobre 2013

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