Si la Gambie change, pourquoi pas le Togo?

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Pierre S. Adjete

Si la Gambie change, pourquoi pas le Togo?

Pierre S. Adjété

Paris, France

 

Semons la bonne nouvelle : les choses changent. En France, en Gambie, là-bas en Autriche, ailleurs aussi. Et au Togo? Pourquoi pas! Pourquoi les choses ne changeraient-elles pas au Togo? Si Yahya Jammeh change et adhère à son époque, pourquoi Faure Gnassingbé ne changerait-il pas? Et, avec le réveil de sa Diaspora, tous les ingrédients sont en place pour le changement au Togo.

Incidemment, on ne saurait faire mieux dans la Diaspora togolaise. Ainsi, le quatrième congrès du Conseil Mondial de la Diaspora (CMDT) a remis au goût du jour l’Esprit de Bonn qui avait présidé à sa naissance. Cet Esprit luit désormais à travers la nouvelle Conscience dégagée à Paris : État de droit, Convergence des idéaux et Développement du Togo.

Il ne s’agit pas d’une renaissance du CMDT, mais d’une opportune et nécessaire connivence avec l’air du temps. Le plus grand danger, nous le savons tous, c’est l’entre-deux-chaises, c’est la peur, c’est l’enfermement, c’est le conservatisme, c’est la non-évolution des mœurs politiques. La Diaspora togolaise l’a compris qu’elle ne veut que du bien pour la Terre de nos Aïeux. Ensemble, osons la démocratie!

Il est vrai qu’actuellement, le Togo court derrière un risque d’isolement. Chacune et chacun le comprennent bien : le Togo sera démocratique, réconcilié et développé ou il continuera à se ridiculiser et se verra dépassé par tout le reste des États de sa région, et de tout le continent africain s’il le faut. Car, aucune réconciliation ni développement ne peut se faire au Togo sans l’État de droit, sans un pas décisif dans la transition politique qui mènera à la démocratie. Et le Togo possède les moyens de penser sa dignité, panser ses plaies et passer à sa propre revalorisation. Le temps presse!

Partout en Afrique, la non-démocratie n’est plus à la mode. Il y a donc de la place à la dignité et au Grand Pardon, même dans la politique togolaise. Le président gambien Yahya Jammeh vient encore de le prouver, après avoir frisé le ridicule par tous les moyens et à toutes les occasions, Yahya Jammeh a su se ressaisir. Et le Grand Pardon s’est mis en marche : autant les victimes de l’arbitraire passé connaîtront réparation, autant la justice et la réconciliation renaîtront. Et l’espoir revit tout comme le simple sourire.

Les sortants doivent sortir

Et pourquoi donc Faure Gnassingbé, au Togo, n’entendra-t-il pas raison? Les sortants doivent sortir. La lucidité doit aussi amener Faure Gnassingbé à reconnaître son échec. Car, pour un fils à Gnassingbé Eyadema, c’est un échec que  de n’avoir pas su réconcilier le Togo, en dehors de toute envie de conservation du pouvoir. Reconnaître son impuissance à remplir les attentes de démocratie, de réconciliation et de développement du Togo. Place à une autre personne. Place à la sagesse. Place à la valorisation des autres ressorts et habiletés du Togo.

Faure Gnassingbé est devenu le gagne-pain des uns et des autres : ceux et celles qui gonflent son ego plutôt que son intelligence au service du Togo. L’essentiel du Togo est ainsi occulté. La seule chose qui est sûre, c’est que de la manière dont le Togo est organisé, régenté et administré, il ressort que le nombre de perdants n’a cessé d’augmenter chaque jour, en commençant par Faure Gnassingbé lui-même et tous ses Adowuinon.

Au Togo, un inacceptable fractionnement s’est installé depuis plus de cinquante ans. Au Togo, a poussé Racine, un processus politique de segmentation chaotique, obscur, mais visible, mafieux, glouton, vorace et dévastateur. Surtout, un processus sans aucun avenir qui a littéralement catégorisé les citoyens, a déclassé les uns et rehaussé les autres, la fameuse « minorité », sur des piédestaux fragiles, insatiables et obsessionnels : du « Chacun pour-soi » dans un pays qui n’en est plus un.

Tout cela fait partie des motivations d’une Diaspora togolaise en consciente ébullition : trop c’est trop. Les Togolaises et les Togolais n’en peuvent plus d’un pays sans audace ni volonté de se recréer. Le Togo doit reprendre un chemin différent de la voie sans issue empruntée jusqu’à maintenant. Le devoir d’alternance devient alors un impératif politique catégorique. Tout change, et le Togo doit changer. Vivement et vitement!

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