MESSAGE DE VŒUX DU PRESIDENT JEAN-PIERRE FABRE

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MESSAGE DE VŒUX DU PRESIDENT JEAN-PIERRE FABRE

29 DECEMBRE 2015

 

 

Mes chers Compatriotes,

Au seuil de l’année 2016, je voudrais, au nom de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), et en mon nom personnel, souhaiter à chacun de vous et à vos familles, une bonne et heureuse année. Je formule pour vous tous, mes vœux ardents de santé, de paix et de prospérité. Que l’année nouvelle apporte à notre pays, de réelles perspectives de changement qui passent par un soutien ferme et sans équivoque à nos revendications sociopolitiques légitimes, notamment :

  • la libération de tous les prisonniers politiques ;
  • l’adoption et la mise en œuvre des réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales prescrites par l’APG ;
  • l’organisation des élections locales ;
  • l’adoption de mesures d’urgence contre la pauvreté et la vie chère ;
  • l’apurement du contentieux né de la dernière élection présidentielle.

Je prie Dieu Tout Puisant afin qu’il nous comble de ses bénédictions et qu’il nous donne le courage, la sagesse et la détermination nécessaires à la poursuite de la lutte que nous menons ensemble contre la dictature.

L’année 2015, tout comme les années précédentes, aura été une année douloureuse et éprouvante pour notre pays et nos populations, fragilisés par les conséquences de la mal gouvernance et les dérives du régime RPT/UNIR.

En saluant la mémoire de nos camarades de l’ANC qui nous ont quittés au cours de cette longue lutte, je ne puis m’empêcher d’avoir une pensée émue pour nos compatriotes tombés récemment à Mango, sous les balles assassines d’une soldatesque entièrement acquise à la violence consubstantielle à ce régime.

Naturellement, je pense à tous ceux et à toutes celles qui passeront les fêtes de fin d’année, le cœur meurtri, parce que victimes de violences policières, d’injustice, d’insécurité, de harcèlements et d’arbitraire. Je pense à tous ceux qui croupissent dans la misère et l’indigence.

Je pense à tous ceux et à toutes celles dont les droits sont impunément violés, en particulier les prisonniers politiques détenus dans l’affaire des incendies des marchés de Lomé et de Kara et aux personnes contraintes à l’exil, loin de leurs familles.

Je n’oublie pas les victimes de ces incendies, les femmes des marchés et les commerçants en détresse, ruinés et demeurés sans aucun dédommagement du gouvernement.

Je veux une fois encore, au nom de l’ANC et mon nom propre, marquer notre compassion et notre solidarité à tous et à toutes, et dire que nous les soutenons dans tous ces moments de souffrance et de douleur qui prendront fin, c’est notre conviction, avec le changement pour lequel nous œuvrons sans relâche.

Les fondements de ce changement constituent en effet, la quintessence de « Mes engagements pour le Togo », le projet de société que vous avez approuvé en m’apportant massivement vos suffrages lors de l’élection présidentielle d’avril 2015.

Il s’agit d’instaurer dans notre pays, l’Etat de droit, la démocratie et la bonne gouvernance ; d’assurer une justice indépendante et de respecter au quotidien la Constitution et les lois ainsi que les libertés fondamentales et les droits de l’homme. Il s’agit de mettre en place des institutions crédibles, d’organiser des élections propres et de relever les défis du développement solidaire, de la croissance partagée, du progrès social et de la sécurité pour tous. Il s’agit de donner à l’Homme togolais, sa vraie place dans la société.

Togolaises, Togolais,

Mes chers Compatriotes,

La situation de notre pays continue d’être marquée par une impasse sociopolitique, un déclin économique et financier, une pauvreté croissante et un pillage en règle des ressources nationales par un clan.

Les élections se succèdent et se ressemblent en matière de fraudes, d’irrégularités et souvent de violences avec, en toile de fond, le refus du régime RPT/UNIR de mettre en œuvre les réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales malgré tous les engagements pris.

La dernière élection présidentielle, qui s’est tenue le 25 avril 2015, a été l’occasion d’un énième coup de force électoral perpétré par le même régime en place depuis plus de 50 ans.

Le scrutin est totalement sorti de son cadre légal avec la proclamation unilatérale de résultats provisoires frauduleux par le président de la CENI, alors que seuls les procès-verbaux de 14 CELI sur un total de 42 ont été examinés sans être validés et adoptés en séance plénière.

Ensemble avec la coalition CAP 2015, qui a soutenu notre candidature à cette élection, l’ANC a rendu public un mémorandum édifiant sur ce coup de force dont la réalité est corroborée par le rapport de la Mission d’expertise électorale de l’Union Européenne.

Le contentieux né de ce scrutin vient s’ajouter aux questions sociopolitiques non résolues et qui continuent d’exacerber les tensions dans le pays. Il s’agit de dérives de toutes sortes essentiellement liées à la corruption, à l’impunité, aux violations de la Constitution, des lois ainsi que des droits de l’homme, à l’instrumentalisation de toutes les institutions de la République, et plus généralement à la mal gouvernance.

Des dérives mises en exergue dans les rapports d’institutions internationales telles que le FMI sur la situation macroéconomique, l’ITIE sur le secteur minier, le GFI sur les sorties illicites de capitaux, le cabinet Grant Thornton sur la passation des marchés publics.

Je voudrais ajouter à ce tableau les velléités actuelles d’une réforme unilatérale de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) sur un diagnostic délibérément tronqué et destiné à masquer l’instrumentalisation de cette institution par le régime et l’ingérence intempestive du gouvernement qui recrute de prétendus experts, passe des commandes de matériels, signe des contrats de service avec des société partenaires et engage généralement des opérations d’importance en lieu et place de la CENI. Il importe de rappeler que dans sa conception actuelle, la CENI, qui procède de l’Accord Politique Global, ne saurait faire l’objet d’une réforme non consensuelle, excluant tout dialogue sur l’adoption et la mise en œuvre des réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales.

J’ajouterai également la remise en cause de la dépénalisation des délits de presse, l’incrimination lacunaire de la torture et le refus de l’imprescriptibilité du crime de torture dans le nouveau code pénal adopté à l’Assemblée nationale le 2 novembre 2015. Le groupe parlementaire ANC, qui n’a pas cru pouvoir s’associer à cette adoption, a demandé au Chef de l’Etat une nouvelle délibération permettant une mise en conformité du nouveau code pénal avec les engagements souscrits par le Togo.

Je ne saurai passer sous silence, la persistance des menaces, harcèlements, intimidations et agressions perpétrés à l’encontre des dirigeants et des militants des partis politiques de l’opposition ainsi que des journalistes, par les forces de l’ordre et les milices du RPT/UNIR qui font usage de la violence et de la terreur pour empêcher l’expression du mécontentement populaire.

Ainsi, récemment à Mango, les populations ont été livrées aux exactions des forces de l’ordre qui ont défoncé et saccagé les habitations ainsi que le siège de l’ANC.

L’ANC est convaincue qu’une alternance politique, respectueuse des principes démocratiques, est un facteur déterminant de résolution juste et durable de la crise togolaise et, partant de développement économique et de progrès social.

Voilà pourquoi, l’ANC se bat pour que les textes fondamentaux, leur application ainsi que l’organisation et le fonctionnement régulier des institutions de notre pays créent les conditions d’une alternance politique démocratique.

Voilà pourquoi, les populations togolaises et les forces démocratiques doivent se mobiliser massivement, pour prendre résolument leur destin en mains. C’est à cette mobilisation que l’ANC, par ma voix, appelle une fois encore nos compatriotes des villes, des campagnes et de la diaspora.

Mes chers Compatriotes,

Ni la médisance, ni les dénigrements, ni la défection, ni la trahison, ni la lassitude, ni l’abandon, ni les répressions sanglantes, ni les tentatives de déstabilisation, d’où qu’elles viennent, ne doivent avoir raison de notre détermination à poursuivre le combat pour libérer le peuple togolais de l’imposture et de la dictature.

Bonne année à tous,

Et que Dieu bénisse le Togo et le peuple togolais tout entier !

 

 

Lomé, le 29  décembre 2015

Le Président Jean-Pierre Fabre

Président National de l’ANC 

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