Le gouvernement consacre officiellement la dictature au Togo

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Faure Eyadèma , le  fils du père, nourri au biberon  de la dictature n’a pas résisté longtemps à la dure épreuve de la démocratie.

Afin de matérialiser le sacre du despotisme au Togo, le gouvernement a rendu public, le vendredi 29 juin 2012, dans le Grand Quotidien National d’Information «Togo Presse» N° 8817, un mémorandum sur les manifestations du Collectif «Sauvons le Togo».

La conclusion de ce document propagandiste est sans équivoque. « Pour prévenir de nouveaux dérapages, le gouvernement sur la base de l’article 16 de la loi sur les manifestations publiques n’a pas pour l’instant jugé approprié de donner suite aux nouveaux projets de manifestations du collectif. » Ce document  qui affiche les réelles intentions du pouvoir de Faure Eyadèma et qui vient d’être publié en ce moment  a été rédigé bien avant  le 12 juin et destiné aux ministres et aux émissaires du gouvernement qui devraient multiplier des missions à l’étranger et s’en servir à des fins de diabolisation de la lutte citoyenne que mène le Collectif «Sauvons le Togo».

Une telle initiative met à nu la démocratie de façade de Faure Eyadèma.  Mais le document qui a été rendu public dans Togo-presse le 29 juin  porte la date  de 12 juin mais le vrai, précipitamment refait porte le mois de juin tout court (voir page de garde à la page 6). La célérité avec laquelle ce mémorandum a été rendu public montre clairement que la  répression a été planifiée et exécutée afin d’appréhender des boucs émissaires pour justifier la négation des libertés publiques au Togo. L’assignation à résidence des responsables du FRAC depuis quelques jours  en est la preuve cinglante. Cette mesure scandaleuse n’est pas prise seulement pour prévenir les manifestations prévues par le CST puisqu’elle a été prise bien avant les annonces des manifs

Toujours dans le cadre de cette campagne qui s’inscrit dans la logique  de veilles méthodes en vue de la restauration de  le dictature Eyadémayenne,   le  bitosard présidentiel Ahoumey-Zunu Arthème est actuellement à Bruxelles accompagné d’une horde de griots propagandistes du pouvoir de Faure Eyadèma et qui accusent les membres de SOS Journalistes En Danger de «faire la politique».

On est revenu à la vieille époque où seuls le chef de l’Etat et ceux qui regardent dans la même direction que lui peuvent jouir des libertés publiques avec la seule différence que sous Eyadèma la constitution consacrait la dictature alors qu’avec Faure  les libertés sont constitutionnellement garanties mais ouvertement violées.

L’article 16 de la Loi fixant les conditions d’exercice de la liberté de réunion et de manifestation pacifiques publiques dispose que «Nonobstant l’absence d’objection de l’autorité administrative compétente, lorsque des éléments nouveaux objectifs surviennent et sont de nature à troubler gravement l’ordre public, l’autorité administrative compétente peut différer ou interdire la réunion ou la manifestation par décision motivée ;

Les autorités compétentes, dans le cas d’espèce, restent le Président de la Délégation Spéciale de la Ville de Lomé et le Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités Locales

Lorsque l’article 16 de ladite loi évoque la possibilité d’interdire ou de différer une  manifestation ou une réunion, il ne l’envisage qu’après une série de discussions préalables entre les autorités compétentes et les organisateurs, conformément aux dispositions des articles 12, 13 et 14, et ce, par décision motivée. Dans le cas d’espèce, aucune discussion préalable n’est intervenue entre les autorités compétentes et le Collectif «SAUVONS LE TOGO».

  De plus l’article 16 prévoit la possibilité pour l’autorité administrative compétente de différer ou d’interdire une réunion ou une manifestation précise qui a été portée à sa connaissance. Or dans le cas d’espèce, il s’agit d’une interdiction générale et absolue que la Loi du 16 mai 2011 sur la liberté de manifestation et de réunion n’admet pas.

Il est donc clair que le  gouvernement  a décidé de  violer purement et simplement la liberté de manifestation et de réunion telle que prévue par l’article 30 de la Constitution du 14 octobre 1992 et réglementée par la Loi N° 2011- 010 du 16 mai 2011 fixant les conditions d’exercice de la liberté de réunion et de manifestation pacifiques publiques.

Nous sommes en face d’un pouvoir hors la loi qui est déterminé à user de violence pour se maintenir en se faisant légitimer par des législatives truquées à l’avance. Et comme il est conscient des retombées négatives de cette mesure scandaleuse, que ce soit à la Primature ou à la Présidence, personne n’ose assumer la paternité de cette œuvre funeste. Aux dernières nouvelles, ce soi-disant mémorandum serait rédigé dans le laboratoire du mercenaire présidentiel Charles Kofi Debbasch  Souza.

Abass SAIBOU

Le Regard N°794 du 4 juillet 2012

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