La Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) condamne la mort de Monsieur Etienne YAKANOU et tient pour responsables la Gendarmerie Nationale et le Parquet d’Instance de Lomé

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LTDH

LIGUE TOGOLAISE DES DROITS DE L’HOMME

Association créée le 20 juillet 1990 en vertu de la loi du 1er juillet 1901

Récépissé N° 1218/MATD-SG-DAPOC-DOCA du 07 octobre 2005

Paru dans le Journal Officiel N°4110 du 16 novembre 2005

Affiliée à la FIDH, l’UIDH et la CIJ

 

 

DECLARATION DE LA LTDH SUITE A LA MORT D’UN DETENU POLITIQUE AU TOGO,

MONSIEUR ETIENNE YAKANOU

 

La Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) condamne la mort de Monsieur Etienne YAKANOU et tient pour responsables la Gendarmerie Nationale et le Parquet d’Instance de Lomé

Le vendredi 10 mai 2013, la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) a appris, avec indignation et consternation, la mort de Monsieur Etienne YAKANOU, militant de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), président de la sous-section Avé-Maria et membre du bureau fédéral du Golfe, alors qu’il était en détention préventive au lieu dit « Réserve du camp de la Gendarmerie », suite à son inculpation dans la ténébreuse affaire d’incendies.

La LTDH, après analysé les circonstances réelles de ce tragique évènement, constate avec amertume que la responsabilité de la Gendarmerie Nationale et du Parquet d’Instance près le Tribunal de Lomé ne souffre l’ombre d’aucun doute.

En effet, Monsieur Etienne YAKANOU malade depuis plusieurs jours, a été privé de soins de santé, même l’infirmière que sa femme a fait venir pour l’examiner n’a pu avoir accès à lui.

Les instructions de cette infirmière tendant à faire soigner Monsieur Etienne YAKANOU dans un centre de santé approprié de la place n’a pu recevoir l’adhésion des agents de la gendarmerie.

Il a fallu que son état de santé se dégrade considérablement pour qu’on l’évacue non pas à l’Hôpital mais à l’infirmerie du Camp Gendarmerie nationale où l’indifférence des agents soignants vis-à-vis de  l’état de santé de ce militant de l’opposition, a provoqué la mort de ce dernier avant même qu’il ne soit évacué à l’Hôpital. Malheureusement Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal de Lomé s’obstine à faire croire, et sans vergogne, à l’opinion, que l’intéressé serait décédé au CHU Sylvanus Olympio d’un arrêt cardiaque, comme si de mémoire de l’humanité, un cœur a continué par battre après une mort.

Par ailleurs, la LTDH constate que la situation et les conditions de vie de toutes les personnes inculpées dans cette affaire d’incendies et détenues soit à la Gendarmerie ou au lieu dit « Réserve du Camp de gendarmerie », échappent au contrôle du Chef du Parquet qui plus est Directeur de l’ enquête et  relèvent plutôt du seul apanage du patron du Service des Renseignement et d’Investigations (SRI) de la Gendarmerie.

Face à cette flagrante violation du droit du détenu tel que cela résulte des dispositions de l’article 16 de la Constitution Togolaise qui dispose : « Tout prévenu ou détenu doit bénéficier d’un traitement qui préserve sa Dignité, sa santé physique et mentale et qui aide à sa réinsertion sociale. Nul n’a le droit d’empêcher un prévenu ou un détenu de se faire examiner par le médecin de son choix… », et qui vient accroître le grand fléau de l’impunité, la LTDH exige :

-      Que les auteurs connus de ce forfait soient traduits devant la Justice et punis conformément à la Loi ;

-      Que toutes les personnes détenues innocemment dans cette affaire d’incendies soient libérées purement et simplement ;

La LTDH demande au Gouvernement en général et le Chef de l’Etat en particulier, garant du bon fonctionnement des Institutions de la République et du respect de la Constitution, à prendre leur responsabilité pour mettre fin à cette anarchie judiciaire organisée et entretenue dans cette affaire.

La LTDH invite enfin les populations togolaises, ainsi que tous les esprits épris de liberté, de paix et de justice, à se mobiliser et à soutenir toutes les actions tendant à faire toute la lumière sur cet assassinat de trop, en vue de mettre un terme à l’impunité, et notamment celles du Collectif « SAUVONS LE TOGO » et de la Coalition ARC-EN-CIEL les 18, 21, 22 et 23 mai 2013.

Fait à Lomé, le 15 mai 2013

Le Président,

 SIGNE

 Maître Raphaël N. KPANDE-ADZARE

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