Jean-Yves Le Drian aurait bloqué l’achat de cinq hélicoptères Gazelle par le Togo

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Jean-Yves Le Drian aurait bloqué l’achat de cinq hélicoptères Gazelle par le Togo

 

Le ministre français Jean-Yves Le Drian,

a bloqué une transaction du Togo portant sur l’achat de cinq hélicoptères Gazelle, le 20 avril dernier.

 

L’information va faire l’effet d’une bombe au Togo. Selon notre confrère Jeune Afrique dans son édition ligne, Jean-Yves Le Drian, l’actuel ministre des Affaires étrangères français a posé un veto à une transaction entre le Togo et la France portant sur l’achat de cinq hélicoptères Gazelle. Le montant pourrait avoisiner 20 millions d’Euros soit 13 milliards CFA.

La commission interministérielle pour les exportations d’armes avait certes validé le 20 avril dernier le principe de la vente mais les ministres Jean-Marc Ayrault et Jean-Yves Le Drian se sont montrés circonspects.

Selon Jeune Afrique, Jean-Yves Le Drian, à l’époque ministre de la Défense, et son collègue du Quai d’Orsay, sont réticents quant à l’utilisation à des fins de répression de l’opposition que pourraient faire les autorités togolaises de ces équipements.

Le ministre Ayrault évoquait deux précédentes utilisations de ces hélicoptères  de fabrication française pour réprimer des opposants dans deux pays francophones d’Afrique : en février 2008, à Douala (Cameroun), lors de la répression des « émeutes de la faim » (139 morts selon la société civile, 40 selon les autorités camerounaises) ; et lors de l’attaque du QG de campagne de Jean Ping, à Libreville, le 31 août 2016 (2 morts selon le camp de l’opposant gabonais).

Certes, Lomé donne des gages en avançant que les hélicoptères seraient essentiellement destinés à la surveillance des frontières et à la recrudescence des actes de piraterie dans le golfe de Guinée.

Surarmement et répression de l’opposition

Certes la piraterie maritime est devenue une obsession pour  les autorités togolaises qui en ont fait le leitmotiv de leur diplomatie, cette soi-disant économie bleue. Faure Gnassingbé a même organisé un sommet maritime international sur le sujet qui aurait coûté plus de 13 milliards CFA au budget.

Cependant le Togo n’a que 55 kms de côte et a fait l’acquisition de deux patrouilleurs neufs RB 33 ces quatre dernières années, ajoutés à deux autres patrouilleurs datant des années 1970. L’armée américaine a également offert à la marine togolaise deux embarcation de type Defender. Des équipements militaires largement suffisants pour surveiller nos côtes. L’achat de cinq hélicoptères Comment comprendre sur ce suréquipement pour une surveillance de 40 kms de côte.

Dans le cadre de l’achat des hélicoptères, le gouvernement de Faure Gnassingbe avait fait voter en janvier dernier  par le parlement, 10 milliards FCFA au titre de collectif budgétaire,  en prétendant avoir déjà acheté les cinq hélicoptères. L’opposition a dénoncé en vain ce vote, incompréhensible, en criant à l’achat d’hélicoptères fantômes.

Les hélicos sont réels mais il semble qu’ils moins destinés à la destruction des pirates  qu’à la chasse de l’opposition. Cette nouvelle arrive dans un contexte de tensions autour d’un vote de modification constitutionnelle demandée par l’opposition parlementaire alors que le pouvoir prépare une nouvelle constitution discordante. On peut penser que le pouvoir UNIR fortement contesté préapre déjà les élections législatives de 2018 et la présidentielle de 2020. Des scrutins qui valent bien l’achat de cinq hélicoptères Gazelle.

26/05/2017

Written by: Komi Dovlovi

 

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