FRAC-UE : Quel ”dialogue inclusif” avec le pouvoir en place ?

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Rencontre FRAC/ Représentants Union Européenne

Lors d’une rencontre le vendredi 18 février 2011, le Front Républicain pour l’Alternance et le Changement (FRAC) a remis un document  aux représentants de l’UE dont voici la teneur:

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FRONT REPUBLICAIN POUR L’ALTERNANCE ET LE CHANGEMENT
FRAC


Quel ‘’dialogue inclusif’’ ?

Depuis le discours du Chef de l’Etat, le 31 décembre 2010, la classe politique et la société civile
togolaises sont agitées par un soi-disant ‘‘dialogue inclusif’’.

Le Front Républicain pour l’Alternance et le Changement (FRAC) considère que, dans le
principe, un dialogue politique est toujours une bonne chose, surtout lorsque ce dialogue
est structuré, lorsqu’il concerne les véritables protagonistes et lorsque ses conclusions sont
effectivement mises en œuvre. En ce sens, le FRAC et ses membres ne sont pas opposés à un
dialogue.

Mais, dans le contexte spécifique actuel de notre pays, le FRAC est interrogatif et circonspect,
d’autant plus que dans son discours, le Chef de l’Etat n’a jamais prononcé le mot dialogue. Il a
en effet déclaré : ‘’…le renouveau institutionnel doit être l’affaire de tous. Le débat doit être
inclusif…‘’. Donc tout ce qu’il y a de plus vague et de plus flou. Alors le FRAC ne comprend pas
cette agitation autour d’un prétendu ‘’dialogue inclusif’’.

Aujourd’hui, même s’il doit y avoir un dialogue, les populations togolaises sont convaincues qu’il
n’apportera à la résolution de la crise qui mine le pays, rien de plus que les autres dialogues
dont les conclusions sont restées lettres mortes. Au demeurant, le pouvoir en place n’a jamais
fait le bilan de la mise en œuvre des engagements et dialogues successifs (APG, ACL, 22
engagements, etc.)

Les populations n’ont aucune confiance en un régime qui n’a aucune volonté de respecter ses
propres engagements : elles attendent toujours des actes concrets de lutte contre l’impunité…

Les populations n’ont aucune confiance en un régime qui viole impunément et de manière
répétée, la Constitution, les lois de la République ainsi que les droits et libertés des citoyens.

Le pouvoir en place a-t-il besoin d’un dialogue pour améliorer le quotidien des Togolais ? A-t-il
besoin d’un dialogue pour arrêter la gabegie, les détournements et la corruption qui gangrènent
l’administration publique ?

Le FRAC estime qu’en tout état de cause, s’il doit y avoir un nouveau dialogue ou quelque
chose qui lui ressemble, il faudra que le pouvoir en place commence par donner des gages de
crédibilité et de sincérité, parmi lesquels :

1

1) La mise en œuvre de l’APG, des recommandations de la mission d’établissement des faits
des Nations Unies de 2005 et des recommandations des missions UE d’observation des
élections en 2007 et en 2010 ;

2) Le respect de la Constitution et des lois de la République par le retour des députés
arbitrairement exclus qui ont le droit de se constituer en un groupe parlementaire de leur
choix ;

3) Le respect de la Constitution et des lois de la République par la libération de tous les
prisonniers, surtout politiques, arbitrairement détenus sans jugement ;

4) Le respect des droits et libertés des citoyens en cessant toute entrave aux activités des
partis politiques à Lomé et à l’intérieur du pays, y compris les jours ouvrables ;

5) Le respect des droits et libertés des citoyens en levant les interdictions abusives et
arbitraires qui frappent les médias privés, en l’occurrence, les radios X SOLAIRE,
METROPOLYS et PROVIDENCE et le journal TRIBUNE D’AFRIQUE ;

6) La restitution ou le remplacement de tous les matériels, documents et sommes d’argent
ainsi que les motos et vélos saisis à Lomé et à l’intérieur du pays.

Si tout cela est complété par la remise en place de toutes les dispositions ‘’toilettées et
retoilettées’’ unilatéralement en 2002 et en 2005 de manière à revenir à la Constitution que
le peuple togolais souverain s’est librement donnée en 1992, alors le FRAC pourra discuter
utilement et sereinement avec le pouvoir en place, du règlement du contentieux de l’élection
présidentielle du 04 Mars 2010, de la recomposition des institutions de la République (Cour
Constitutionnelle, Cour des Comptes, CNDH, HAAC, CENI, etc.), de la préparation des
prochaines échéances électorales et de la gouvernance du pays.

Fait à Lomé, le 17 Février 2011
Pour le FRAC,
Le Président National de l’ANC

Jean-Pierre Fabre

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