Des dizaines de milliers de Togolais dans les rues pour exiger l’application intégrale de la décision de la Cour d’Abuja

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Manifestation pour la réintégration des députés exclus : Pari gagné pour l’ANC


Comme annoncé la semaine dernière,le Front Républicain pour l’Alternance et le Changement (FRAC) a réussi hier à organiser sa grande marche de protestation pour exiger le retour à l’Assemblée Nationale des neuf députés conformément à la décision de la Cour de Justice de la CEDEAO. Les agitations du pouvoir n’ont pas cette fois-ci dissuadé les responsables du Front Républicain pour l’Alternance et le Changement.

. L’itinéraire défini pour cette manifestation a été bel et bien respecté et les milliers de Togolais qui sont partis de Kondjindi, lieu du départ de la marche sont tous arrivés aux environs de 11h30mn au Palais des Congrès de Lomé. Un véritable défi relevé par Jean-Pierre Fabre et les siens quand on sait qu’il y a longtemps une manifestation de l’opposition n’a abouti au Palais des Congrès. Depuis mars 2010, les manifestations du FRAC ont toujours eu pour point de chute, la Plage de Lomé.

En tout cas, sur l’Esplanade du Palais des Congrès de Lomé, les responsables du FRAC ont animé un grand meeting au cours duquel ils ont remercié le peuple togolais pour sa présence à cette manifestation et l’ont invité à plus de mobilisation  afin de mettre définitivement fin aux coups de force perpétrés par le régime RPT.

Le leader du PSR, Me Abi Tchéssa, avocat de son état a réaffirmé devant la grande foule et les nombreux policiers mobilisés pour l’occasion que la décision de la Cour de Justice de la CEDEAO ne souffre d’aucune ambiguïté. « Elle a demandé   la réparation de l’injustice  commise à l’endroit des députés ANC, c’est-à-dire leur intégration et le paiement des trois millions à chacun des 9 députés éjectés de l’Assemblée Nationale. Les juristes qui soutiennent le pouvoir dans les interprétations erronées devraient avoir honte ». Il a poursuivi en appellant le peuple à la détermination et à la mobilisation pour faire « du Palais des Congrès de Lomé, la Place Tahir » au cas où le pouvoir persiste dans son diktat.

Abondant dans le même sens, Jean-Pierre Fabre après avoir remercié la grande foule qui continue de lui faire confiance, l’a invitée à plus de résistance et de détermination. «  Nous devons continuer la mobilisation. Soyez toujours déterminés. La lutte que nous menons ne va pas s’arrêter à la réintégration des députés ANC. Nous allons continuer la lutte pour que cesse l’arbitraire, les coups de force et les violations des droits des citoyens. Ça suffit comme ça. Cette forfaiture qui a conduit le pouvoir à exclure des élus du peuple de l’Assemblée et que finalement la Cour de Justice de la CEDEAO a contesté, doit être la dernière », a-t-il lancé au public. Pour terminer, il a appelé le peuple à rester attentif à ces appels cette semaine. « Nous avons plusieurs manifestations en vue. La plus capitale sera celle du 19 novembre qui marquera l’arrivée des députés ACP-UE à Lomé. Nous devons nous mobiliser ce jour-là pour monter à ceux-là qu’ils sont venus dans un pays anormal, un Etat voyou dirigé par des voyous qui excluent à leur guise des députés du Parlement en violation de la Constitution et de la charte universelle des droits de l’homme », a-t-il conclu.

Avant lui, Ouro-Akpo Tchagnao l’un des députés exclus a présenté à l’assistance, la déclaration du FRAC qui a sanctionné la  grande manifestation de mercredi. Pour l’essentiel, cette déclaration précise qu’avec « les décisions pertinentes de l’UIP, l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO met en échec les manœuvres sordides du RPT visant à réunir frauduleusement à l’Assemblée Nationale, la majorité requise pour modifier à sa guise la Constitution de la république togolaise ».

Il faut rappeler que la marche a été organisée suite à la décision du gouvernement de ne payer que les  3 millions Cfa au titre des dommages intérêts à chacun des 9 députés exclus. Or, selon le jugement rendu, les juges de la CEDEAO ont plutôt demandé  la réparation de l’injustice  commise à l’endroit des députés ANC et le paiement des 3 millions à chacun d’eux. Aussi doit-on retenir que  c’est la première fois depuis le vote de la loi Bodjona relative à la liberté de manifestation sur la voie publique, qu’une manifestation organisée par l’opposition un jour ouvrable s’est déroulée dans le calme. S’agit-il  peut-être d’une conséquence de la  dernière Conférence de Genève sur les droits de l’homme où l’Etat du Togo fut sévèrement condamné. L’avenir nous édifiera plus.

 

Olivier GLAKPE

Le Correcteur N° 299 du 10 novembre 2011

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