Déclaration de Monsieur WARNERY Nicolas, Ambassadeur de France au Togo

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Résidence de France

14 juillet 2012

 

Monsieur le Ministre de la Santé,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Messieurs les anciens Premier ministres,

Mesdames et Messieurs les représentants des hautes autorités et représentants des institutions de la République,

Mesdames et Messieurs les parlementaires et représentants des autorités civiles, militaires, religieuses et traditionnelles et des organisations politiques, professionnelles, syndicales, associatives et des médias,

Chers collègues membres du corps diplomatique et consulaire et représentants des organisations internationales,

Mesdames, Messieurs,

Je vous souhaite, avec l’ensemble de l’équipe de l’ambassade, la bienvenue à la résidence de France, pour cette célébration du 14 juillet.

Celle-ci m’offre l’occasion, quelques mois après mon arrivée, d’un bilan d’étape de la coopération de la France avec le Togo. Avec l’élection du Togo au Conseil de sécurité, la France a noué avec les autorités togolaises un dialogue dense et fructueux sur l’ensemble des affaires traitées au sein du conseil. Le point de vue de Lomé est fidèlement relayé à Paris et à New York, de même, naturellement, que les positions togolaises sur les crises au Mali ou en Guinée Bissao. Je tiens à remercier nos différents interlocuteurs pour leur disponibilité, jamais démentie, et pour leur “parler vrai”. Dans le cadre de ce partenariat privilégié, l’assistance militaire technique et la coopération en sécurité intérieure françaises aident les forces armées, la police et la gendarmerie togolaises à se préparer à des opérations de maintien de la paix sous casque bleu.

Toujours dans un cadre régional, nous avons, avec d’autres pays, une coopération régionale de première importance en matière de lutte contre la piraterie maritime. La France soutient, par ailleurs, les efforts du Togo contre le terrorisme, le trafic de drogue, l’immigration clandestine ou encore le commerce illégal d’essence de contrebande. Soyons en bien conscients : Il n’y aura pas d’avenir heureux pour le Togo sans combat résolu contre la criminalité.

La France s’est également fortement engagée en faveur du développement du pays. L’AFD mène des programmes ambitieux en matière d’éducation, de formation professionnelle, de santé, d’eau et d’assainissement, d’infrastructures urbaines, de traitement des ordures, de microcrédit et, bientôt, d’agriculture et d’énergie. L’agence a aussi été l’opérateur de l’aide budgétaire française ces dernières années. Le Service de coopération et d’action culturelle conduit des actions multiples dans les domaines de la bonne gouvernance, de l’enseignement supérieur et de la recherche, de la santé, du développement durable, de l’appui à la société civile et de la francophonie. L’Institut français constitue, avec sa médiathèque et sa programmation artistique, une plateforme de diffusion et d’échanges culturels au service en particulier de la jeunesse, laquelle construira le Togo de demain.

Pourtant, malgré tous ces efforts, le combat n’est pas encore gagné :

 Le Togo connaît une démographie galopante. La population a quadruplé depuis l’indépendance et devrait encore doubler dans les 40 prochaines années. Comment nourrir, éduquer, soigner tous ces enfants ? Comment donner un travail et un avenir à tous ces jeunes ? Tel est le défi, qu’il serait irresponsable de ne pas affronter dés à présent. Car l’enjeu est le recul de la pauvreté, le décollage économique et l’enclenchement d’un cercle vertueux de développement durable, dans un environnement qui ne soit pas détruit par l’homme. La France est disponible pour accompagner le Togo dans ce domaine stratégique.

 Il reste aussi d’énormes efforts à accomplir dans le domaine de la construction de l’Etat de droit. L’enjeu est la mise en place d’un environnement transparent et prévisible dans les domaines douaniers et fiscaux, la transparence des appels d’offre, le respect des arbitrages et, enfin, le bon fonctionnement de la justice dans le respect des textes et des droits de la personne. L’enjeu est aussi l’image du pays auprès des bailleurs de fonds, la création de nouvelles entreprises et l’attraction de nouveaux investissements. Le Togo bénéficie d’atouts maîtres : son port en eaux profondes, son rôle de corridor naturel vers l’intérieur du continent, son agriculture, son potentiel touristique, la vitalité de son peuple. Il serait navrant qu’il gâche ces atouts du fait d’une mauvaise gouvernance économique ou de comportements de corruption ou de prédation.

L’Etat est loin d’être le seul à faire vivre la relation bilatérale. Les entreprises françaises apportent une contribution décisive au développement de l’économie togolaise. Plusieurs collectivités locales françaises ont noué des jumelages et mènent des programmes de coopération au Togo. Les ONG françaises s’engagent résolument, chacune dans son domaine de compétence. Chaque année, des dizaines de volontaires français donnent généreusement au Togo le meilleur de leur jeunesse et de leur enthousiasme.

Tous ces efforts, toute cette énergie, risquent cependant de rester vains sans consolidation de la jeune démocratie togolaise. Il n’y aura pas de réel développement du pays sans instauration d’un minimum de confiance et de respect entre la majorité et l’opposition, sans gestes forts d’apaisement, sans démarrage d’un dialogue de bonne foi entre les principales forces politiques. La France est disponible et à l’écoute. Elle est prête à appuyer toutes les initiatives visant à l’établissement d’un climat politique serein.

La prochaine étape est celle des élections législatives et locales. La France contribue, par son expertise technique, à leur préparation. Elle entretient, dans le cadre de sa coopération en matière de police et de gendarmerie, le savoir-faire acquis par la force de sécurisation de l’élection présidentielle de 2010, afin que, dans quelques mois, il n’y ait, comme en 2010, pas une seule victime. Tout doit être fait pour que les prochaines élections soient crédibles, transparentes et apaisées, conformément aux recommandations des missions d’observation de l’Union européenne de 2007 et 2010. Elles doivent constituer une réelle avancée démocratique. Tout doit être fait pour que ce scrutin débouche sur l’élection d’une assemblée pleinement légitime.

L’œuvre déjà accomplie par la Commission Vérité, justice et réconciliation force l’admiration. Elle doit se poursuivre, se prolonger au sein de la classe politique, mais aussi de tous ceux qui n’ont pas encore demandé pardon ou qui n’ont pas encore pardonné. D’autres pays ont réussi dans cette voie difficile, exigeante. Le Togo peut aussi y parvenir, j’en suis convaincu. Les recommandations de la CVJR, entérinées par le gouvernement, nous montrent la voie. Il reste à s’engager résolument dans leur mise en œuvre.

Il en va de même des recommandations de la Commission nationale des droits de l’Homme, également endossées par le gouvernement et qui touchent au domaine le plus fondamental qui soit : celui de la vie et de la dignité humaines.

Monsieur le Ministre,

Mesdames, Messieurs,

Le défi est donc de taille. Mais je suis certain que, tous ensembles, nous pouvons le relever.

Je terminerai en saluant les agents des services français qui quittent le Togo cet été en les remerciant pour tout le travail accompli.

Je remercie aussi tous ceux qui ont pris part à l’organisation de cette cérémonie.

Vive la France, vive le Togo et vive l’amitié franco-togolaise.

Je vous remercie./.

publié le 16.07.2012

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