Bénin : quelle belle leçon de démocratie !

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Sans détour

Bénin : quelle belle leçon de démocratie !

 

En matière de démocratie, il n’y a pas de comparaison possible entre le Togo et son voisin de l’Est. Et même de tous ses voisins immédiats. C’est la nuit et le jour. Le Bénin vient encore de prendre une avancée considérable sur le Togo. Hier s’est déroulé le second tour de l’élection présidentielle où les Béninois ont eu à choisir entre le Premier ministre Lionel Zinsou et l’homme d’affaires Patrice Talon pour diriger le pays pendant les 5 années à venir. En attendant les résultats du scrutin, le jeudi 17 mars dernier, les deux finalistes se sont affrontés dans un débat télévisé. Une première dans l’histoire du pays.

Au Togo, on est resté admiratif de ce modèle de démocratie béninois qui marche et qui ne cesse d’épater, d’impressionner le reste du continent. Mais aussi déçu que la terre de nos aïeux tarde toujours à prendre le train de la démocratie. Beaucoup de Togolais se sont demandé si leur pays parviendra aussi à organiser un jour ce genre de débat entre les candidats à l’élection présidentielle. Oui, sans doute. Mais avant d’en arriver là, il va falloir remplir certains prérequis.

Premièrement, il faut convaincre les Gnassingbé que le Togo, notre nation, la terre de nos aïeux est une République, une propriété collective et non une propriété privée d’un clan, encore moins une monarchie ou un legs familial, et qu’après 50 ans de règne, ils se décident à passer la main. La tâche ne s’annonce pas aisée avec un Faure Gnassingbé qui a inscrit dans ses gènes les conseils de son père, comme quoi, il ne faut jamais laisser le pouvoir lui échapper.

Deuxièmement, il faut mettre en œuvre les réformes constitutionnelles et institutionnelles prescrites par l’Accord Politique Global de 2006 et circonscrites dans le rapport de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), en des termes on ne peut plus clairs : la CVJR réaffirme que « l’alternance politique est une aspiration légitime du peuple qui a le droit de confier les rênes du pouvoir au parti dont le programme politique semble prendre en compte ses attentes » (…) « Les réformes institutionnelles doivent notamment viser la mise en place de mesures garantissant de meilleures conditions pour l’alternance démocratique. Il s’ensuit que le mandat présidentiel devra être, à l’avenir, limité ». A cet effet, la CVJR recommande le retour à la formule originelle de l’article 59 de la Constitution du 14 octobre 1992 : « le président de la République est élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans (05), renouvelable une fois ». En plus de la limitation du mandat présidentiel, il faut adopter le mode de scrutin à deux tours.

Troisièmement, il faut adopter des règles électorales universelles, consensuelles, comme le préconisent les dispositions pertinentes du protocole de la CEDEAO sur la Démocratie et la bonne gouvernance.

Enfin, il faut exorciser les dirigeants actuels et les délivrer du mauvais esprit de fraudes électorales, de tripatouillages des résultats des élections qui a pris possession d’eux. C’est à ces seules conditions que le Togo arrivera au niveau où est actuellement le Bénin sur le plan démocratique.

Oui, notre pays peut faire bien et même mieux que le Bénin. Tout est question de volonté politique.

Médard AMETEPE

Liberté N° 2157 du Lundi 21 Mars 2016

 

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