Awa Nana-Daboya enfume la République d’une Réconciliation de pacotille

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2017-04-12-Didier-Amah-Dossavi

Une femme tout de blanc vêtue à la cheminée politique RPT/UNIR

 

Awa Nana-Daboya enfume la République d’une Réconciliation de pacotille

 

« Quand les gens intelligents se piquent de ne pas comprendre, il est constant qu’ils  y réussissent mieux que les sots »

Dans son Journal, André GIDE revient sur les travestissements savants de ceux qui jouent à la bouffonnerie et qui sont foncièrement des militants du faux pour se faire une place au soleil ou pour servir l’oppression. Ils ont un goût morbide de la grandeur à n’importe quel prix et le plus souvent avec des dogmes enrobés de sournoiseries actives. Protagoras, Calliclès et tous les autres de la sophistique se faisaient payer fort cher pour aider les tyrans à piétiner leurs peuples, à les asservir.

Au Togo, la dame de la liturgie du faux, qui rayonne de sa blancheur dans les ténèbres d’un régime de rapine et de transgressions violentes, nous a habitués à des slaloms chaloupés de trahison par la manœuvre du droit pour couvrir l’imposture. Elle est encore à la manette de l’auto-exonération d’un régime de terreur. Elle fait son tambour de troubadour, dans l’absolue aridité humaine pour simuler une réconciliation sans la moindre exigence des conditions de possibilité de réhabilitation de la confiance entre les Togolais.

Le Haut Commissariat de la Réconciliation et de Renforcement de l’Unité Nationale (HCRRUN), ce machin à feindre la Réconciliation est à la taille d’Awa Nana, qui en porte le manteau et l’évangile des errances, des rafistolages grotesques. Dans les ravins des fantaisies et des licences, le HCRRUN) se consume de ses artifices comme, du reste, les institutions de la République en rebut qui répandent un malaise dans la Civilisation.

Quand dans une nomination, quelqu’une qui se réclame juge à cor et à cri n’est nullement capable d’un brin de discernement de ses prérogatives, pourtant écrites noir sur blanc, dans un décret, il faut avouer qu’elle est dans l’asile de la parodie et de l’indignité.

Ce qui est encore troublant dans la personnalité d’une magistrate qui évolue en situation d’hors-jeu, c’est  le cumul des fonctions. Elle est pompeusement désignée médiatrice de la République sans une seule fois apparaître aux heures critiques du vivre-ensemble et en ce temps du sinistre d’un mandat social proclamé par le chef de l’Etat. Ni dans la crise de l’éducation, ni dans le soulèvement instantané du peuple togolais contre deux hausses consécutives des prix des produits pétroliers, nous n’avions eu le moindre bruissement d’une médiation entre le régime et les citoyens pressés au dernier cran de l’étouffement. Même après la mort de notre compatriote fusillé par une « armée de maintien d’ordre », la médiatrice de la République n’a rien initié pour apaiser les cœurs et pour éviter la répétition de tels excès.

Ailleurs, Awa Nana-Daboya se fait copieusement remonter les bretelles sur les faussetés exubérantes de ses randonnées espiègles sur les réformes politiques de l’Accord Politique Global (APG).

Si Awa Nana s’inscrit réellement dans la perspective de la Réconciliation nationale, comment peut-elle accepter la manœuvre d’un détournement des compétences et d’un enfumage à s’évertuer pour déléguer aux « intellectuels » la primauté des réformes politiques négociées et signées par des acteurs politiques ?

Que vaut le décaissement supposé, partiel, parcellaire et ridicule pour satisfaire les plaintes de la présidente du HCRRUN sur l’absence cruelle des moyens de l’indemnisation de plus de vingt deux mille victimes ?

 

1) La mission d’enfumage d’Awa Nana

Ce qui bâtit l’unité nationale, c’est l’histoire commune dans laquelle le peuple se retrouve sans distinction d’origine, de religion, de classe, d’ethnie, de famille et son projet qui répond aux aspirations du plus grand nombre. La lutte pour l’indépendance et la révolte nationale contre l’autocratie en 1990 constituent des moments historiques de l’expression du peuple sur sa marche solidaire référentielle de l’unité. Ces deux étapes auraient pu constituer pour nous des ressorts de construction de notre nation si une seule famille ne les avait tronçonnés, mutilés, détricotés avec les ciseaux des identités meurtrières et par des crimes de masse, des assassinats multiples. Nous avons voulu nous racheter et remettre dans un projet politique et social nos pas saccadés qui ont fait flancher notre volonté majoritaire. L’Accord Politique Global (APG), dans son application, nous sert de rachat pour modeler notre destinée.

Quel renforcement de l’unité nationale peut-on envisager dans un pays où une minorité s’adosse impunément aux armes de guerre pour écumer dramatiquement les ressources nationales ? Il n’y a point d’unité nationale dans un pays aux institutions« ethnicisées » où triomphent sans vergogne dans les appareils de l’Etat l’enrichissement illicite, des groupes de terreur, y compris des miliciens qui font de certaines villes et quartiers de la capitale des cités interdites. La « Kozah Nostra » a fait du « Kozahland »une République avec le contrôle à ses frontières des entrées et des sorties d’un territoire privatisé. Pascal Bodjona, Tikpi Atchadam, le Collectif « Sauvons le Togo » ne nous diront pas le contraire.

Mais, de quoi parle-t-on au HCRRUN si la médiatrice de la République qui pilote cette institution ronflante jamais ne se manifeste pour remettre ce pays à la tempérance, au sens de la mesure, de la fraternité et de l’humanité ? Où est l’unité nationale pour en définir les conditions de possibilité de son renforcement ?

Le HCRRUN est une institution postiche à la tête de laquelle on a trouvé place à une girouette du pouvoir au passé puant de trahison et d’arrêts ambigus en faveur d’un régime « bienfaiteur ». Elle s’agite et se disperse dans des attributions qui ne sont pas les tiennes avec la prétention d’une notoriété qui l’expose à la comédie, à la bouffonnerie. Qu’est-ce qui empêche Awa Nana de

dire la vérité à Faure GNASSINGBE sur les réformes de l’APG, de mettre en relief la valeur de sa signature, la primauté de la République, les longues attentes du peuple togolais, la réhabilitation du vivre-ensemble et de notre histoire commune, d’éclairer le « petit » sur l’impossible transfert de compétences en matière de droits aux intellectuels auxquels il rêve pour lui tailler des réformes sur mesure ? La médiatrice de la République a-t-elle perdu  son instinct maternel pour livrer son peuple aux incertitudes de l’histoire ?

Il est difficile d’avoir une âme de clarté quand on défend des amis qui ont tort. « C’est aux hommes de ressembler à leurs portraits quand ils sont admirables », nous apprend André SUARES, dans Le voyage du condottière

Personne ne sait la conclusion à laquelle la présidente de HCRRUN est parvenue sur son relevé de synthèses après sa randonnée d’enfumage politique et d’orchestration de nullité sur la « monture intellectuelle » des réformes politiques signées loin des amphithéâtres. Comme René BOYLESVE, dans les Feuilles tombées, les togolais savent « faire la part du médiocre ». Ils verront encore longtemps la princesse de la blancheur à l’enfumage, parce qu’elle désire la grandeur de la puérilité pour servir l’oppression. Elle réclame sous des menaces des dotations de l’indemnisation. Sur une évaluation de trente-huit milliards, elle en obtient deux milliards sans la périodicité des compléments nécessaires à ses agitations. Ce qui lui importe, c’est sa présence sur l’échiquier politique, dans les œuvres de nuisance qui lui sont confiées pour un cynisme tapageur qui la berce d’illusion de puissance. Elle chante comme un rossignol le Renforcement de l’unité nationale dans une ritournelle de perroquet pendant que le camp de mise en scène de l’unité continue d’écraser les Togolais avec des chars, de tirer à balles réelles sur eux, de les assassiner. La femme de la pureté paradée ne trouve rien à dire, rien à reprocher aux récidivistes de la brutalité fauve des crimes de masse, des tueries aveugles, mais à s’illustrer  dans une ridicule moralisation de l’Opposition qui combat les mains nues, un régime de despotisme primaire et de férocité effervescente.

 

2) Les plaisanteries dangereuses d’Awa Nana

Les haines des peuples s’accumulent et deviennent corrosives pour leur survie quand  elles  ne trouvent pas un mécanisme d’écoulement thérapeutique pour faire renaître la société à la régénérescence, au bondissement existentiel.

Pour tracer les sillons de l’avenir d’un peuple, assurer l’engagement qui fait sa destinée, il n’y a que la culture de l’humanité véhiculée qui a pour châssis le respect de la valeur de la personne dans une option de sacralité qui remet les citoyens en confiance, en espérance collective. Loin de la vérité, sous des apparences de sincérité, de transparence, d’humilité s’érodent et disparaissent toutes les espérances humaines. La réconciliation se construit sur des valeurs en partage. Qui n’a pas de vérité, de sincérité, de transparence ne peut prétendre à la grandeur ni inspirer confiance. Les pages nouvelles de l’histoire s’écrivent avec des lettres de révolution citoyenne. Qui n’a pas le courage des mutations demeure dans des souillures graves de l’histoire et dans des chimères

Awa Nana est malheureusement égale à elle-même  dans les farces et dans les frasques pour un remplissage des œuvres de l’ivresse de l’ambition. Ses dissonances avec le peuple Togolais lui ont cousu une disqualification et son aventure ubuesque de pilotage de la Réconciliation l’expose dans une célébrité tronquée. Là où on ne réussit pas à susciter l’espoir, il n’y a plus de maîtres ni des dieux. Sur l’avenir d’une République, comme l’écrit André GIDE, dans L’Immortalité : « On ne peut pas à la fois être sincère et le paraître »

Ceux qui mènent les peuples gravement blessés dans le cours de leur évolution vers des horizons nouveaux de grandeur,  ce sont ceux qui inspirent confiance. Les grands événements, dans les grands moments de l’histoire  ne supportent que les grandes âmes susceptibles d’imprimer leur personnalité à la marche en avant pour laquelle les hommes sont prêts aux sacrifices. La Réconciliation d’un peuple est une affaire trop sérieuse pour être confiée à quelqu’une au passif douteux et lourd de soupçons de trahison et de collusion avec les bourreaux.

Le HCRUUN aux tâtonnements pitoyables est dans tous les glissements qui vident son contenu de sens. Il ne s’impose pas au régime d’usurpation qui l’a suscité ni au peuple qui défend un consensus de contrat qu’est l’APG, transfiguré en une question insoluble par la bande à Faure GNASSINGBE qui use de diversion et du dilatoire pour le renier dans un contournement éternel. Si la présidente du HCRUUN disposait d’un charisme, elle se passerait des menaces de démission, son autorité aurait pu influer sur le gouvernement à jouer franc-jeu dans l’indemnisation des victimes de la violence politique. Après sa folle tempête sur le chapitre de démission, la dynastie togolaise concède à mettre enfin à sa disposition une obole d’indemnisation égale à deux milliards sans le moindre chronogramme  d’alimentation progressive des fonds de l’indemnisation. Elle ne se rend pas compte de ce mépris pour elle, pour l’œuvre qu’on lui a confiée et pour les martyrs de la démocratie vacillante que nous tenons à stabiliser en tant que peuple digne d’intelligence et de respect. La réhabilitation de toute une République est-elle moins importante que le sommet de badigeon du régime Faure qui dépense, d’un trait, trente-cinq milliards sur la sécurité maritime ?

Ceux qui abusent du Togo et les faire-valoir en connivence avec eux croient naïvement aux « vertus » de l’argent. Cette pauvreté de l’esprit est l’abîme de leur personnalité qui dépeint les mauvais exemples à faire perdre au type togolais tout son sérieux. L’argent sans un visage humain n’est que condescendance, il entretient le mépris, l’immortalité, le crime…

Awa Nana -Daboya, où sont les bourreaux des Togolais et de quels actes de contrition, de pardon ont-ils fait preuve face à la Nation ?

Arrêtez vos cruelles simagrées de purification de la Terre de nos aïeux et vos oboles d’indemnisation méprisantes ! Partout dans l’histoire de l’Humanité, les bourreaux sans visage sont toujours des criminels invétérés.

Didier Amah DOSSAVI

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