Aux donneurs de leçons et à leurs acolytes

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Aux donneurs de leçons et à leurs acolytes

 

Courant février 2016, M. Antoine Randolph, vétérinaire de nationalité togolaise vivant en France, a été interpellé par les services de sécurité togolais, à la frontière Togo-Bénin, alors qu’il était en vacances à Lomé.

Accusé de complot contre la sûreté de l’Etat, il est détenu pendant environ un mois. Libéré le vendredi 18 mars 2016, il rentre en France et publie une déclaration dans laquelle il remercie mollement ceux qui ont œuvré à sa libération.

C’est alors qu’un membre du parti politique dénommé RNDP dont le Dr Randolph est le président, rend public au nom de ce parti, dans les médias et réseaux sociaux, un article intitulé « Constat politico-social après un séjour au Togo ». Dans cet article, l’auteur condamne « la plupart des partis de l’opposition » pour leur indifférence au sort du Dr Randolph lors de sa détention. Ne trouvant pas de mots assez durs pour qualifier le « manque de réactivité et de solidarité » de ces partis, il les traite d’« accompagnateurs » du pouvoir en place qu’ils aident à « renforcer ».

Une lecture attentive de cet article permet de découvrir que le « manque de réactivité et de solidarité » allégué n’est qu’un prétexte pour s’octroyer sans frais une publicité pour le RNDP, un parti politique inconnu sur l’échiquier politique togolais. Et saisir l’occasion pour se livrer au jeu favori d’une certaine diaspora togolaise, fait d’une kyrielle de ‘’y a qu’à’’, pour dénigrer systématiquement l’opposition considérée comme « incapable d’adopter la stratégie de lutte idoine. »

Comme il n’est pas difficile de déceler, en filigrane, dans l’article, que ces accusations visent surtout l’ANC. Je voudrais, en ma qualité de 1er responsable de la fédération Europe / Asie de cette formation politique, apporter quelques précisions :

1- Le dimanche 21 février, dans la soirée, la nouvelle de l’interpellation du Dr Randolph se répand. Le lendemain lundi 22 février, l’affaire est inscrite à l’ordre du jour de la réunion hebdomadaire du Bureau National qui décide de ne ménager aucun effort pour aider à la libération du Dr Randolph. Une délégation est constituée pour vérifier l’information auprès de la famille. La délégation est conduite par André Kuévi, Conseiller Spécial.

2- Le lendemain, mardi 23 février, la délégation se rend au domicile d’Antoine Randolph et apprend de la famille que les faits sont avérés, Antoine Randolph ayant été conduit menotté à son domicile pour y subir une perquisition.

3- Le même jour, l’ANC prend contact avec l’ambassade de France pour l’informer et échanger sur cette situation, Antoine Randolph étant un binational possédant également la nationalité française.

4- Ce même mardi, le Président de l’ANC, Jean-Pierre FABRE, en sa qualité de Chef de file de l’opposition, écrit au Ministre togolais de la Sécurité, pour lui demander des explications sur l’interpellation d’Antoine Randolph. Personne ne peut prétendre ignorer cela puisque la réponse orale irrespectueuse du ministre à cette lettre, sur une radio privée, a suscité l’indignation de l’opinion.

5- Le même mardi 23 février, le Président national de l’ANC, se rend au cabinet de Me Ata Messan Zeus Ajavon pour lui demander de se constituer en faveur du Dr Randolph. Me Zeus Ajavon qui, jusque là, n’était pas informé de l’affaire, accepte. Zeus Ajavon est le premier et le seul avocat qu’Antoine Randolph a rencontré à son lieu de détention. Antoine Randolph sait toute l’assistance que Me Zeus Ajavon lui a apportée, notamment au cours de sa détention et au tribunal.

Il faut ajouter aux démarches de l’ANC, les contacts téléphoniques réguliers  entre les premiers responsables de l’ANC, avec la sœur d’Antoine Randolph, Micheline Randolph qui vit au Canada.

Que l’auteur de l’article précité, qui n’a pas cru devoir signer sa publication, montrant ainsi que son courage est inversement proportionnel à la distance qui le sépare de l’arène politique togolaise, poursuive d’autres objectifs que celui qu’il affiche, cela peut se comprendre. Mais le silence observé par Antoine Randolph et sa famille à la suite de cette publication mensongère, outrageuse et diffamatoire, suscite des interrogations. Car ils n’ignorent rien des démarches effectuées.

 L’opposition togolaise et singulièrement l’ANC et ses responsables ont toujours pris position en faveur de toutes les victimes de violation des droits de l’homme y compris celle concernant des adversaires politiques. Les cas de Kpatcha Gnassingbé et de Pascal Bodjona sont là pour en témoigner. Le cas d’Antoine Randolph, qui n’est pas un adversaire politique, ne pouvait nullement laisser indifférent.

L’ANC et ses responsables agissent par conviction en étant conscient, avec l’ensemble de la coalition CAP 2015, que la lutte de libération du Peuple togolais passe par la détermination de chacun, les efforts et les sacrifices de tous.

Il est donc loisible à toute Togolaise et à tout Togolais de bonne volonté de s’impliquer dans le combat  en cherchant à faire mieux au lieu de donner des leçons.

 La stratégie qui consiste pour des Togolais se réclamant de l’opposition, surtout dans la diaspora, à dénigrer ou à s’en prendre systématiquement à celui d’entre eux le plus en vue, retarde la lutte et ruine les efforts de mobilisation. Il est temps qu’en toute modestie et pour la bonne cause commune, chacun reconnaisse sa place, sa force et ses limites.

Bordeaux, le 23 avril 2016

 

Aworou Waste AREGBA

Président de la Fédération Internationale Europe/Asie de l’ANC

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