Allocution de l’Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique, Robert E. Whitehead

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Allocution de l’Ambassadeur Robert E. Whitehead
à l’occasion de la célébration du 238e anniversaire de l’indépendance
des États-Unis d’Amérique, le jeudi 3 juillet 2014
Résidence de l’Ambassadeur

 

 

Excellence Monsieur le Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération,

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ministres et Représentants du Gouvernement Togolais,

Monsieur le Représentant du Chef d’État-Major Général des Forces Armées Togolaises,

Honorables Députés,

Mesdames et Messieurs les Chefs des Missions Diplomatiques et Consulaires et des Organisations internationales,

Honorables invités,

Chers collègues,

Mesdames et Messieurs,

Bonsoir et bienvenue à la célébration du deux cent trente-huitième anniversaire de l’indépendance des États-Unis d’Amérique.

Comme vous l’avez probablement remarqué, ce soir nous mettons la lumière sur l’une des régions les plus fascinantes de l’Amérique en présentant quelques-uns des sites, sons et goûts de la Nouvelle-Orléans et de l’État de Louisiane.  La Nouvelle-Orléans est le berceau du genre de musique et jazz Dixieland, et elle revendique aussi la cuisine créole et de Cajun, qui ont respectivement des racines françaises, avec de fortes influences d’Afrique de l’Ouest.  Le jazz, bien sûr, est la forme d’art africain-américain par excellence.  Ce soir, vous aurez l’occasion d’entendre une partie de cette musique et de déguster des plats typiques—attention aux épices !  Merci de nous aider à célébrer l’anniversaire de notre grande nation, et après cette cérémonie, profitons de la bonne musique, de la nourriture et des boissons.  Ou, comme on dit à la Nouvelle Orléans, « Laissez les bons temps rouler ! »

Un anniversaire est une bonne occasion à la fois de jeter un regard vers l’arrière et de regarder vers l’avenir, et ce soir, je voudrais brièvement passer en revue les événements qui ont, au cours de l’année écoulée, défini la relation étroite entre les États-Unis et la République Togolaise.  Un bon point de départ est l’examen des quatre piliers qui soutiennent la politique actuelle des États-Unis à l’égard de l’Afrique en général et du Togo en particulier.  Ces piliers sont la bonne gouvernance, le développement économique, l’investissement dans les hommes, et la sécurité.

Le Togo a tenu des élections législatives en juillet dernier, sans violence, avec une amélioration de la transparence.  Ce scrutin a donné une nouvelle Assemblée Nationale avec cinq partis politiques.  Pour l’avenir, les États-Unis espèrent que les élections présidentielles de 2015 seront même plus équitables et plus transparentes.  Il y a encore du travail à faire pour renforcer les institutions démocratiques au Togo, et c’est pourquoi nous avons favorablement accueilli les engagements pris par le Gouvernement togolais dans son Livre Blanc du Gouvernement sur les Recommandations de Commission Vérité, Justice, et Réconciliation.  Nous nous félicitons de l’acceptation des réformes qui peuvent améliorer l’impartialité et l’efficacité du processus judiciaire.  William Penn, le fondateur de l’État américain de Pennsylvanie, a dit que « la justice différée, c’est de la justice refusée », articulant ainsi la vérité indéniable selon laquelle la justice doit non seulement être apolitique mais aussi rendue en temps opportun.

Nous avons été encouragés par l’engagement déclaré du Gouvernement Togolais à rechercher des réformes constitutionnelles mais déçus qu’aucun progrès significatif n’ait été accompli.  Compte tenu des développements les plus récents, la voie vers une réforme consensuelle demeure incertaine.  Sans entrer dans tous les détails, je constate que la résolution des questions constitutionnelles importantes en jeu ne sera possible que lorsque toutes les parties au processus, aussi bien celles qui détiennent le pouvoir que celles qui le recherchent, feront preuve de flexibilité, de générosité, et d’esprit de compromis.  Nous espérons voir un plus grand succès pour les réformes institutionnelles pertinentes toujours en jeu, y compris la recomposition de la CENI pour refléter plus exactement le paysage politique actuel, et la création d’un cadre dans lequel des élections locales peuvent se tenir, et par là implanter de façon plus profonde la gouvernance démocratique au niveau de la base.  Ces choses vont être des étapes importantes dans l’évolution démocratique du Togo.

Monsieur le ministre, l’économie du Togo s’est améliorée et a connu une croissance de plus de cinq pour cent l’année dernière.  Les échanges commerciaux entre les États-Unis et le Togo ont considérablement augmenté pendant cette période.  Alors que le commerce doit être le principal moteur de l’expansion de l’emploi qui sous-tend la performance économique, il y a aussi une place valable pour l’aide au développement économique.  Au cours de la dernière année, le Togo et les États-Unis ont collaboré étroitement pour atteindre l’éligibilité du Togo à un accord du Millennium Challenge Corporation.  Le plan de travail que nous avons élaboré a donné des résultats palpables, et nous sommes optimistes pour l’avenir.

Les États-Unis ont continué à travailler avec le Togo pour améliorer la vie quotidienne du peuple togolais.  À travers l’USAID, le Corps de la Paix, et le Département de la Défense, nous nous sommes associés avec le Togo sur un éventail d’initiatives en matière de santé, d’agriculture, d’éducation, et d’environnement.  Nous nous engageons à poursuivre la coopération au cours de l’année à venir et nous chercherons à identifier d’autres domaines dans lesquels nous pouvons soutenir tous les peuples du Togo.

Enfin, il y a le pilier de la sécurité.  Dans le cas du Togo, les deux préoccupations les plus immédiates sont la sécurité maritime et l’expansion de l’extrémisme dans la sous-région.  Nous nous sommes engagés avec les Forces Armées Togolaises pour renforcer leur capacité à contrôler les eaux maritimes à travers la formation et l’équipement, et au niveau régional.  Nous avons également établi un partenariat avec le Gouvernement Togolais en fournissant du matériel et de la formation à des fins de maintien de la paix comme appui au rôle du Togo dans l’opération conjointe ONU-UA au Mali.  Alors que l’extrémisme et la piraterie peuvent être les défis importants, il y a d’autres questions importantes.  Nous avons travaillé avec nos homologues togolais pour lutter contre le trafic de drogue et d’autres crimes transnationaux, y compris le trafic d’espèces sauvages.  Le Togo a excellé dans ce domaine l’an dernier, en saisissant des produits de contrebande, en faisant des investigations et en arrêtant des réseaux de contrebande internationaux, et en traduisant les auteurs en justice où l’impunité n’a pas eu le dernier mot.

Monsieur le ministre, regardons en avant pendant un instant.  Dans exactement un mois, le président Obama sera l’hôte d’un grand nombre de dirigeants africains lors d’un sommet à Washington, y compris une délégation du Togo dont vous serez membre.  L’objectif de ce sommet est triple.  Tout d’abord, il réunira les plus hauts dirigeants nationaux américains et africains avec un groupe des plus hauts dirigeants d’entreprises, américains et africains, pour examiner la question de l’investissement dans l’avenir de l’Afrique. Ces personnalités discuteront de la façon de favoriser la croissance économique inclusive et durable et de la manière d’établir les priorités en ce qui concerne les secteurs d’intérêt dans le développement de l’Afrique.

Ce sommet mettra également l’accent sur la paix et la stabilité régionales et cherchera à identifier de nouvelles façons possibles dont nous pouvons travailler ensemble pour relever les défis et trouver des solutions de long terme aux problèmes de sécurité régionale et de maintien de la paix.  Enfin, le sommet mettra l’accent sur la responsabilité partagée de tous les gouvernements à intégrer la prochaine génération dans la vie nationale.  La population africaine est en croissance rapide.  Le continent africain devrait voir la croissance de population la plus rapide sur la terre au cours de ce siècle en raison d’une forte proportion de la croissance des jeunes.  Dans le cas du Togo, cela se traduit par une pleine moitié de la population en dessous de l’âge de 18 ans.  L’éducation de ce segment de la population en croissance ainsi que sa pleine intégration dans la vie nationale seront la clé de la prospérité et de la stabilité futures de ce pays.  Ce sont des défis que nous ne pouvons pas et ne devons pas ignorer.  Le Gouvernement des États-Unis a donc lancé une initiative appelée Young African Leaders Initiative au Togo et dans toute l’Afrique pour rapprocher les jeunes et entendre leurs préoccupations et leur vision pour l’avenir.  Un programme en cours actuellement aux États-Unis a réuni des centaines de jeunes Africains à travers l’Afrique, y compris un groupe du Togo, pour les amener à agir en tant que représentants de leur pays et de leur génération au moment où ils échangent des points de vue et discutent des possibilités.

Mesdames et messieurs, mon grand-père Whitehead était un auteur qui a été publié et un orateur accompli qui lisait souvent ses écrits ou faisait des présentations devant des groupes de citoyens ou dans les milieux universitaires.  Je lui ai une fois demandé, en tant que personne qui parlait souvent en public, ce qu’il considérait comme le meilleur discours qu’il ait jamais entendu.  Il a répondu :  « un discours bref. »  Je vais suivre son conseil ce soir et conclure ici, mais avant cela, je voudrais dire combien les États-Unis d’Amérique apprécient la relation amicale de longue date qu’ils entretiennent avec la République Toglaise.  Nous avons bénéficié d’une coopération étroite et fructueuse dans les domaines de la diplomatie internationale, du commerce, de la réforme du secteur de la sécurité, de la protection de l’environnement, et du développement économique.  Nous restons pleinement attachés à ce partenariat étroit et remercions nos hôtes togolais non seulement de leur coopération, mais aussi de leur accueil chaleureux.  Ma femme Agathe et moi avons effectué deux ans ici et nous ne savons pas si nous serons là l’année prochaine pour célébrer avec vous le 239e anniversaire des États-Unis, mais je peux vous assurer, que nous soyons ici ou pas, que nous considérerons toujours le Togo et son peuple comme particulièrement spéciaux parmi tous les autres.

Merci de votre attention, vivent les États-Unis, vive la République Togolaise, et vive l’amitié entre le peuple américain et le peuple togolais.

Je vous remercie !

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