Le peuple togolais dit non aux coups de force répétés du RPT/UNIR et exige la mise en œuvre de l’APG

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DECLARATION

Le peuple togolais dit non aux coups de force répétés du RPT/UNIR et exige la mise en œuvre de l’APG

 

Ce jour, jeudi 03 août 2017, les forces démocratiques et les populations togolaises de Lomé et ses environs ainsi que celles venues de certaines préfectures des régions Maritime, Plateaux, Centrale et Kara, se sont massivement mobilisées, à l’appel des partis politiques ANC, CDPA, PSR, DSA et UDS-TOGO, regroupés au sein de CAP 2015, pour fustiger l’incurie notoire du gouvernement RPT/UNIR, dénoncer et condamner la pratique du coup de force permanent et exiger la mise en œuvre de l’APG.

Depuis des décennies, le régime RPT/UNIR a entrepris une véritable œuvre de destruction des fondements de notre nation. Aux revendications légitimes des populations togolaises qui aspirent à la paix, à la vérité et à la justice, à la liberté et à la dignité, au respect des droits de l’homme et des principes de l’Etat de droit, de la démocratie et de la bonne gouvernance, le RPT/UNIR oppose systématiquement la violence et la terreur, les arrestations arbitraires, la torture et les assassinats, la duplicité, la falsification et la fraude, la corruption, l’achat de conscience et le mensonge, la force brutale et les coups de force répétés.

Ainsi, après plus de 4 décennies de dictature implacable avec le père, Eyadema Gnassingbé, le régime en place dans notre pays n’a pas hésité à faire couler abondamment et sauvagement le sang des Togolaises et des Togolais pour se maintenir avec le fils, Faure Gnassingbé.

C’est donc en toute responsabilité que, dans le but de mettre définitivement fin à la grave crise que vit le pays, l’ensemble des forces démocratiques togolaises a concédé, sous l’égide de la CEDEAO et de l’Union Européenne, un Accord Politique Global (APG) qui donne toutes leurs chances à la paix sociale, à la cohésion nationale et à la stabilité politique, notamment par la mise en œuvre des réformes politiques constitutionnelles, institutionnelles et électorales.

Aujourd’hui, 11 ans après, les réformes prévues par l’APG sont demeurées lettres mortes avec, pour conséquences, la persistance d’une dictature pure et dure, soutenue par un groupuscule de militaires obscurs, corrompus et fortement tribalisés.

Il est clair aujourd’hui que le pouvoir RPT/UNIR et Faure Gnassingbé demeurent les véritables obstacles à la mise en œuvre des réformes prescrites par l’APG. Ils sont également les commanditaires et les auteurs des coups de force successifs, militaire, parlementaire, constitutionnel et électoral, accompagnés de massacres de populations.

Tous les scrutins organisés après la signature de l’APG ne sont que des coups de force électoraux.

Le renvoi abusif et illégal de 9 députés ANC de l’Assemblée nationale, en violation de la Constitution, n’est qu’un coup de force abject.

Le rejet par les députés RPT/UNIR du projet de loi de révision constitutionnelle soumis par le gouvernement ainsi que celui des deux propositions de loi introduites par les députés de l’opposition, dans le cadre de la mise en œuvre des réformes politiques, ne sont que des coups de force sordides.

C’est également par un autre coup de force qu’au travers d’une loi inique portant création des communes, le régime s’évertue à imposer, en guise de découpage électoral, un plan de division tribale du pays avec une discrimination des populations et des citoyens dans leurs droits et prérogatives constitutionnels. Il s’agit d’une loi en total déphasage par rapport aux normes généralement admises en la matière au plan international. Une loi en totale contradiction avec la Constitution et les lois en vigueur dans notre pays, notamment celle relative à la décentralisation. Une loi qui instaure l’inégalité des citoyens Togolais en suffrages, devant le vote !

Avec l’ensemble des forces démocratiques et des populations togolaises, CAP 2015 fustige les subterfuges du gouvernement qui, au lieu d’adosser la création des communes au critère fondamental de la démographie, s’obstine, dans un but purement électoraliste, à multiplier les communes dans les régions qu’il considère comme lui étant favorables au détriment des autres régions dont il ne craint pas de maintenir voire d’aggraver la sous-représentativité des populations en termes de suffrages, en comptant susciter davantage, encourager et tirer parti du vote ethnique.

En dénonçant fermement cette dérive du régime RPT/UNIR, dont le caractère discriminatoire, tribaliste, ségrégatif et d’exclusion va à l’encontre des intérêts des populations togolaises et porte en elle, les germes d’une explosion sociale, ensemble avec les forces démocratiques, l’ANC demande instamment au Chef de l’Etat de ne pas promulguer la loi sur la création des communes, adoptée le 23 juin 2017, à l’unanimité des députés RPT/UNIR et contre laquelle l’ensemble de l’opposition parlementaire s’est prononcé.

Ensemble avec les forces démocratiques, l’ANC invite solennellement le gouvernement à opter résolument pour les bonnes pratiques en matière de création des communes et de découpage électoral, en adoptant une répartition qui assure que dans chaque localité, la variation de la représentativité des populations ne s’écarte pas de manière excessive de la moyenne nationale.

Personne n’est dupe, c’est encore un coup de force à peine voilé que le gouvernement vient de déclencher en prétendant ‘’échanger’’ avec la classe politique sur la relecture du code électoral et la réforme de la CENI. Dans la réalité, il s’agit de contourner l’APG, dont relèvent les réformes électorales, et d’imposer un code électoral plus pervers encore, avec une CENI entièrement dessaisie de ses fonctions actuelles ainsi que de son statut d’institution indépendante et autonome.

En rappelant au Chef de l’Etat et au gouvernement que la relecture du code électoral ainsi que la recomposition de la CENI constituent les réformes électorales prescrites par l’APG, au même titre que les réformes politiques constitutionnelles et institutionnelles, les populations togolaises, vigilantes et massivement mobilisées, leur demande de surseoir à la démarche actuellement en cours au niveau du Ministère de l’Administration Territoriale, en violation de l’APG, et d’ouvrir entre le pouvoir et l’opposition, une discussion sérieuse et structurée devant permettre d’engager les réformes électorales sur des bases saines et consensuelles.

Ensemble avec CAP 2015, l’ANC, la classe politique, l’ensemble des forces démocratiques et des populations togolaises tiendront le Chef de l’Etat et le gouvernement responsables des conséquences néfastes de la légèreté et des fantaisies délibérées avec lesquelles le Ministère de l’Administration Territoriale tente de contourner les véritables réformes électorales, en simulant des concertations qui n’en sont pas et en annonçant des options à l’emporte-pièce qui frisent la provocation.

Le peuple togolais dit non au régime RPT/UNIR :

  • un régime qui, après avoir tenté en vain de détruire le monument de l’indépendance et de changer l’hymne national, ‘’Terre de nos Aïeux’’, le drapeau national, la devise et les armoiries nationales, s’entête à gommer les noms de la capitale Lomé et des autres villes du pays, nonobstant leurs valeurs irremplaçables aux plans historique et culturel.
  • un régime corrompu, constitué d’une minorité qui pille sans vergogne les ressources nationales, abandonnant le reste de la population à la misère et au dénuement.
  • un régime qui se refuse à une allocation saine des ressources budgétaires et préfère organiser des sommets coûteux au détriment des revendications légitimes des étudiants et des travailleurs, pour des conditions décentes de vie, de travail ou de d’études.
  • un régime qui viole systématiquement la Constitution et les lois de la République, instrumentalise toutes les institutions de la République et refuse d’honorer ses engagements tant au plan national qu’international.
  • un régime qui maintient abusivement en prison des détenus politiques et fait la promotion de tortionnaires, bourreaux et autres criminels qui sont décorés au grand dam des victimes, abandonnées à leur triste sort.
  • un régime qui n’hésite pas à incendier les deux plus grands marchés de Lomé et de Kara, après avoir orchestré des machinations grossières et criminelles du même genre, notamment les incendies perpétrés par les Forces Armées Togolaises (FAT), au CENETI lors de la présidentielle de 1993, à l’Institut Goethe et au centre informatique de la Coalition de l’opposition, lors de la présidentielle de 2005.
  • un régime qui, lors de manifestations publiques pacifiques, confie délibérément le maintien d’ordre à des commandos des Forces Armées Togolaises qui tirent à bout portant sur les citoyens, notamment de jeunes élèves, foncent sur la foule avec des véhicules blindés, écrasant des manifestants.
  • un régime qui recourt systématiquement à la fraude électorale, un régime qui envoie la gendarmerie confisquer les procès-verbaux de bureaux de vote et le matériel informatique de l’opposition, incendier le siège d’un parti politique et passer à tabac les dirigeants et les militants, un régime qui fait publier et proclamer à l’issue de chaque scrutin, des résultats truqués et incohérents.

Ensemble avec les forces démocratiques, l’ANC met en garde M. Faure Gnassingbé sur le fait qu’aujourd’hui, il a encore le choix de favoriser la mise en œuvre consensuelle des réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales prescrites par l’APG ainsi que la mise en œuvre de la décentralisation et la préparation et l’organisation des prochaines élections sur des bases saines, transparentes et consensuelles. Faute de quoi, il est à craindre que l’impasse politique actuelle ne débouche sur une explosion sociopolitique généralisée.

L’ANC remercie très vivement les partis politiques membres de CAP 2015 et leurs militants, les organisations de la société civile et les artistes, l’ensemble des forces démocratiques et des populations togolaises y compris la diaspora, qui ont pris part massivement à la grande marche et au meeting de ce jour. L’ANC les invite tous à redoubler de vigilance pour une mobilisation générale à l’échelle de l’ensemble du territoire national.

 

Fait à Lomé, le 03 août 2017

 

Pour le bureau National

Le Vice-Président

 

 

Bemba Nabouréma

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