La LTDH rappelle que les réformes institutionnelles et constitutionnelles ne relèvent pas de la seule volonté des seuls acteurs politiques

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DECLARATION

 

La Ligue Togolaise des Droits de L’homme (LTDH) exprime sa profonde indignation, sa vive consternation et son amertume  exacerbée face à la déclaration du Président de la Cour Constitutionnelle relative à la poursuite des réformes politiques et demande au Chef de l’Etat et à son Gouvernement de respecter les engagements pris vis-à-vis desdites réformes

 

Le 30 juin 2014, le peuple togolais a été désagréablement surpris du rejet, par le groupe de la majorité présidentielle à l’Assemblée Nationale, du projet de loi portant réformes institutionnelles et constitutionnelles pour lequel le Chef de l’Etat et son gouvernement s’étaient pourtant engagés.

Après plus de trois (03) mois de silence finalement brisé par la Conférence Episcopale du Togo, le Bureau Exécutif de l’Eglise Evangélique Presbytérienne du Togo et le Comité Exécutif Méthodiste du Togo à travers un communiqué rendu public le 1er octobre 2014, une lueur d’espoir a semblé apparaître lorsque le clergé a tenté de toucher la conscience des acteurs de la scène politique togolaise en leur lançant cet appel citoyen en vue de la réintroduction de la question des réformes institutionnelles et constitutionnelles à l’Assemblée Nationale.

De même, le 02 octobre 2014, la Délégation de l’Union Européenne, a exhorté le gouvernement togolais « à poursuivre les efforts dans le sens des réformes politiques ».

Alors que l’opinion nationale espérait avec cette déclaration des églises et celle de l’Union européenne, une éventuelle décrispation de la situation politique togolaise, elle sera vivement choquée par la scandaleuse interview du Président de la Cour Constitutionnelle, Monsieur Aboudou ASSOUMA, qui s’est invité dans le débat politique en s’opposant vivement à l’appel des hommes de Dieu en des termes très lancinants : « la page des réformes est tournée depuis le 30 juin 2014 avec le rejet par l’assemblée nationale du projet de loi sur ces réformes », puis de conclure : « l’accord politique global est caduc aujourd’hui ».

La Ligue Togolaise des Droits de L’homme (LTDH) voudrait préciser que tout comme l’Accord Politique Global  a été depuis 2006, le seul compromis politique national ayant favorisé des élections apaisées en 2007 (législatives), en 2010 (présidentielle) et en 2013 (législatives), les réformes constitutionnelles et institutionnelles prévues par ledit accord devront nécessairement permettre de mener un processus électoral non violent en 2015 et éviter à notre pays le bilan macabre de 2005.

C’est pour cela que La Ligue Togolaise des Droits de L’homme (LTDH) exprime sa profonde indignation, sa vive consternation et son amertume exacerbée face à une déclaration à la limite déplorable et révoltante émanant d’un dirigeant d’une organe en charge de la régulation du fonctionnement des institutions, de l’activité des pouvoirs publics et dont le rôle en matière électorale doit être caractérisée par une totale et double impartialité vis-à-vis de lui-même que de l’opinion.

Par une telle déclaration tendancieuse, partisane et constitutive d’une trahison de serment, source du discrédit sur une Institution, seul juge des contentieux de l’élection présidentielle, le Président de la Cour constitutionnelle a révélé sa véritable tendance politique, remettant ainsi en cause son autorité et donnant raison à ceux qui ont toujours douté de sa véritable capacité à rendre en toute neutralité et impartialité, le verdict des urnes, car il s’agit là d’un acte hautement aux antipodes des conditions d’une élection transparente, honnête, crédible, non violente et partant, non contestable.

C’est l’occasion pour la LTDH de rappeler avec une insistance accrue que les réformes institutionnelles et constitutionnelles ne relèvent pas de la seule volonté et des désidératas des seuls acteurs politiques ; mais bien plus, d’un impératif démocratique inéluctable qui fera tôt ou tard droit de cité.

La Ligue Togolaise des Droits de L’homme (LTDH)  en appel au sens de responsabilité de tous les acteurs politiques et particulièrement du chef de l’Etat et son Gouvernement dont l’engagement pris devant le peuple de procéder aux reformes constitutionnelles et institutionnelles, demeure vivace dans tous les esprits.

Enfin  La Ligue Togolaise des Droits de L’homme (LTDH)  invite le peuple togolais dans son ensemble à demeurer vigilant et mobilisé en vue de démasquer et de mettre hors d’état de nuire les ennemis de la démocratie et de l’alternance.

« Tous ensemble pour la cause des Droits Humains ».

 

 

Fait à Lomé, le 08 octobre 2014

                                   Pour le Bureau-Exécutif

Le Président,

                                                                                                                                                   SIGNEE

                                                                                                                                Maître Raphaël N. KPANDE-ADZARE

 

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